C’est mardi soir que Patrice Michaud lançait officiellement son deuxième album au Lion d’or. Si le premier album a créé des attentes, le petit nouveau les dépasse sans aucun doute. Le feu de chaque jour, c’est un jeu entre fond et forme qui veut que le langage soit à peine un grain, mais brûlant contre la paume de l’espace. C’est un appel à habiter le temps qui s’écoule et se fige, qui se tord et se tend; une exhortation à crépiter jusqu’à s’éteindre, certes, mais à brûler fort et haut.

Sur son deuxième album, Patrice Michaud gratte la guitare en même temps que l’âme; il sait appuyer sur les bonnes cordes pour nous faire vibrer. Le feu de chaque jour, c’est une douce rage de retrouvailles qui prennent la forme d’un feu de bois sur la grève, le corps au chaud et les pieds dans le sable frais. Le p’tit gars de Cap-Chat joue avec les ballades et les tonalités plus pop, comme un enfant qui zigzague entre souvenirs et désirs, tout en cherchant constamment à consumer le présent.  Si Le Triangle des Bermudes était l’étincelle, alors Le feu de chaque jour est un véritable brasier;  un feu bien pris qui offre sa chaleur à qui mieux-mieux.

Le feu de chaque jour, c’est de revivre à répétition la première flamme, dans des bruits de bois qui crépite, quelque part entre le conte et la confidence. C’est d’être pris avec des pieds qui avancent moins vite que ce qui brûle en-dedans et qui se retrouvent sans cesse confrontés à des souliers qui rapetissent. C’est l’émerveillement d’un grand gars qui se réveille sans cesse gamin.

Le feu de chaque jour sait draver tout ce qu’on a de pitoune dans le ventre.

À écouter et réécouter, depuis l’étincelle jusqu’à la braise.

– Toby Germain