Crédit photo: Émilie Lavoie

Il fait froid. C’est lundi. L’automne a balayé les feuilles, l’hiver approche et… je me rends au Lion d’or voir le spectacle de Madame Moustache. J’ai déjà un parti pris ayant critiqué leur album il n’y a pas si longtemps et écoutant en boucle leurs chansons depuis, je voyage tous les jours avec Madame Moustache et sa Maison Mobile, leur dernier album. Mais vous savez, parfois, l’album est parfait, mais le spectacle est décevant. Mais pas avec Madame Moustache…

J’entre dans la salle intime du Lion d’or, décor simple, les spectateurs attendent. Un à un, les membres du groupe arriveront sur scène, nous laissant apprécier chacune de leur présence, je me sens impatiente de les entendre! Peu à peu, les premières notes soulèvent déjà la salle comble. Je suis hypnotisée par le violon de Guillaume Duchesneau et le rythme trépignant de la guitare de Mathieu Vigneault et de la batterie de Ugo Di Vito. Car ce bon show ne tient pas uniquement par les voix des chanteuses, mais de toute l’équipe de production, musiciens, régie, preneurs de son, éclairagistes etc.

Madame Moustache, c’est l’histoire de deux filles, Geneviève Néron et Julie Ross, qui ont d’abord chanté dans le salon de Julie, rêvant de faire un jour un spectacle devant public. Si, dans le premier album, le ton se voulait davantage country, Madame Moustache affiche désormais un rythme amalgame. Tout le monde se retrouve dans leurs chansons. Le groupe nous fait voyager avec eux dans leur dernière tournée, alors que les membres composaient déjà d’autres ballades pour leur second album qu’on aura attendu quelques années. Le spectacle du 5 novembre est d’ailleurs le début de leur seconde tournée et c’est avec grande frénésie qu’on part avec eux!

Madame Moustache déménage, chamboule, raccorde, entraîne et berce son public. On a l’impression d’être dans un party du jour de l’an, on n’a plus envie de partir, on veut encore et encore les entendre, on en redemande! Le charme de ce groupe tient surtout à la fraternité des membres, qui se révèlent à nous, sans pudeur, comme si nous étions tous une grande famille!

La charmante et magnifique Geneviève Néron, ressemblant à une petite fille jouant devant ses amis, nous communique un plaisir non dissimulé de se retrouver avec son groupe et de nous offrir quelques-unes de ses compositions. L’énigmatique et poétique Julie Ross se livre sur scène, et elle nous a fait vivre un moment magique lorsqu’elle a interprété un poème de sa grand-mère écrit derrière une photo, alors que celle-ci attendait son homme parti à la guerre. Comme ses grands-parents auraient été fiers de leur petite-fille ce soir-là!

Les autres membres du groupe demeurent essentiels à l’harmonie, personne ne demeure dans l’ombre, on voit les liens soudés entre eux, même du fond de la salle. Quelle belle équipe!

Je n’essayerai pas de vous vendre leur album ni même de vous dire que vous devez absolument voir leur spectacle, mais…si vous passez à côté et laissez partir leur Maison Mobile…vous manquerez un très très beau voyage!

Rejoignez leur page facebook pour trouver toutes les dates et tous les lieux où ils se produiront!

– Élizabeth Bigras-Ouimet