Deux choses me surprennent au sujet de Pandaléon : l’âge des membres et l’étiquette Audiogram associée à leur album À chacun son gibier.

Nullement l’intention de dénigrer la performance de ce trio complice et cocasse dont c’était le lancement du EP à La Vitrola (le p’tit cousin de la Sala Rossa), rue Saint-Laurent, mardi soir dernier. Seulement, parmi la liste édifiante d’artistes bénéficiant des services de la prestigieuse maison de disques Audiogram, Pandaléon joue dans un registre totalement différent : un rock rural industriel.

Originaire de Saint-Bernardin en Ontario, les frères Levac, Frédéric (claviers, machines et voix) et Jean-Philippe (batterie et percussions), ainsi que Marc-André Labelle (guitares et amplis) ont enregistré les 8 pièces de leur EP en une semaine.

Le défi est intéressant, mais me donne l’impression, du moins en spectacle, d’ambiances décousues, improvisées et confuses. La base est solide, mais les diverses couches qui s’y superposent semblent dénuées d’une recherche mature. Pourtant, l’effet de cassure qu’ils s’amusent à intégrer à leurs pièces (le «boutte noise» dans «Comme dans le sang», par exemple) détonne et fascine à la fois. La dissonance se noie tranquillement dans la voix apaisante de Frédéric, comme si on émergeait d’une eau trouble, essoufflé, éreinté, enlaçant la bouée de sauvetage. D’ailleurs, le talentueux interprète ne manque pas de modestie. Il a pris grand soin de remercier maintes fois le public pour sa gentillesse et sa présence.

À chacun son gibier, un album à apprivoiser où l’écho solennel s’entremêle à une fureur fulgurante. Une immersion au cœur de la bête, cette proie à la fois sensible et féroce.

Le EP À chacun son gibier a été réalisé par Philippe Brault et est né au départ dans le studio de Pandaléon, surnommé «la piaule», une écurie au cachet rustique. Les musiciens se sont inspirés d’échantillonnages provenant de la campagne environnante.

– Edith Malo

 

PANDALÉON EN SPECTACLE-LANCEMENT 

 

Jeudi 22 mai à The Mercury Lounge. Ottawa à 20h – Entrée libre


Jeudi 29 mai à The TowneHouse Tavern, Sudbury à 17h – Entrée libre