La Peuplade publie cet hiver dans leur collection «Poésie» une oeuvre de circonstance avec le temps froid qui ne semble pas vouloir nous quitter. ouvert l’hiver est le deuxième recueil de Sébastien Dulude et nous offre une suite de courts tableaux où les souvenirs d’une femme côtoient les bourrasques de vents et les bordées de neige.

Un homme se retire dans une maison froide, et tente de se remémorer autant que d’oublier celle qui, un jour, habita sa vie. Dulude joue avec l’hiver d’une manière forte, parfois on le sent s’éprendre de l’homme, et le rejeter, tout comme cette femme qui un jour l’aima. Pris à la suite, les poèmes se succèdent en un souffle fort et narratif, et le lecteur en ressort conquis. Pris un à un, les courts poèmes poussent à la réflexion et à l’introspection. Qui connaît l’hiver québécois sait ce qu’il peut avoir comme effet sur l’esprit et sait qu’il habite l’univers collectif de chacun. Et ingénieusement, ce sont ses sensations que vient réveiller la poésie de Dulude.

Malgré tout ce froid, on sent beaucoup de chaleur dans les souvenirs de l’homme et une certaine résiliation face à ce qui a été. Le beau de la chose, c’est qu’il a toujours l’hiver, et le froid, et la glace pour le faire sentir vivant, pour le convaincre qu’il demeure en vie, et pour le consoler, l’hiver reviendra toujours.

***

Extrait:

la neige tombe
c’est l’hiver ordinaire
saison des ombres blanches

et tu es arrivée avec la bourrasque annoncée
tu as tout arraché : les draps et le prélart les portes
tu es repartie mais la neige est restée.

 

Elizabeth Lord 

ouvert l’hiver, Sébastien Dulude, La Peuplade, 2015.