Crédit photo: Nick Léger

Oui, de gros noms figuraient à la programmation d’Osheaga cette année : The Black Keys, Sigur Ros, Justice et Snoop Lion (jadis Snoop Dogg). Ces spectacles de « big shots », présentés en fin de soirée, étaient précédés par ceux de bands moins connus. En après-midi, on pouvait donc butiner d’une scène à l’autre pour découvrir de nouveaux talents ou apprendre à mieux connaître certains groupes moins médiatisés. Voici ceux qui ont retenu mon attention lors de la dernière journée du festival, le 5 août.

The Airplane Boys

Sans avoir entendu une note de ce band torontois, je me suis rendue à la scène Verte, bravant la pluie battante. The Airplane Boys, duo composé de Beck Motley et de Bon Voyage, ont d’ailleurs applaudi les spectateurs qui s’y risquaient, en écorchant au passage ceux qui partaient se réfugier plus loin. Heureusement, leurs chansons, créatives et entraînantes, valaient vraiment le wet t-shirt! Les spectateurs, au look de chiens mouillés, ont dansé sur leur musique hybride, où dub step, pop, rap et électro se côtoient sans discordance. En prime, le groupe a distribué des EP (gratuits!). « Spread the word » (passez le mot), a lancé le charismatique Beck Motley à la fin du show. Mission accomplie!

Austra

Comme j’avais entendu Austra une fois dans un party (en fin de soirée!), je me souvenais vaguement d’une musique électro sombre, aux accents eighties et new age; intéressante sans être renversante. Si le style musical respecte bien cette description, la prestation m’a convaincue du talent de Katie Stelmanis (la leader du band), Maya Postepski (à la batterie) et Dorian Wolf (à la basse). Ces derniers ont réussi à tenir la foule en haleine malgré le caractère vaporeux de certaines de leurs compositions. De plus, la voix de Katie sonnait très bien même si les chansons exigeaient par moments des acrobaties vocales. Bref, j’ai adoré ce band torontois au point d’acheter l’album Feel it Break sur eMusic en rentrant chez moi après le festival. Lose It, la pièce la mieux accueillie durant la prestation, risque de déranger mes voisins cette semaine…

Santigold

Si je n’avais pas entendu M.I.A. avant Santigold, une chanteuse-compositrice américaine, j’aurais crié au génie. Bon, j’exagère ici, mais j’aurais sans doute été enthousiasmée par sa pop innovatrice et musclée, ses beats haletants, ses paroles vindicatives… Il reste que le son ressemblait tellement à celui de M.I.A. que j’ai passé plus de temps à m’étonner de cette similitude qu’à écouter le concert. Pourtant, Santigold a mis le paquet côté mise en scène : on a eu droit à une surenchère de déguisements, chorégraphies et couleurs, si bien qu’on se sentait en plein carnaval. Des spectateurs ont même été choisis pour monter sur scène! Sans doute que sa collaboration avec M.I.A. (pour des chansons et spectacles) a influencé la chanteuse punk nouvellement convertie à la pop. Ça, et ses réalisateurs (Diplo et Switch), qui produisent également la chanteuse britannique… tiens donc!

Woodkid

Après une trop longue intro instrumentale (7 minutes pour un concert de 45 minutes), le réalisateur et musicien français Yoann Lemoine, alias Woodkid, a offert des morceaux calmes et planants. De l’avis d’un ami qui connaît bien cet artiste, la qualité de ce spectacle était inférieure à celui présenté au Théâtre Corona en 2011. Peut-être que sa musique se prête davantage aux salles intimistes qu’au plein air : la voix, pas toujours juste, se perdait un peu dans l’espace, en plus d’être étouffée par les battements énergiques du percussionniste. Tout le contraire d’un début en force! Cela dit, 20 minutes avant la fin du concert, Woodkid a enchaîné avec ses pièces plus rythmées. Pas du tout découragée par le début plutôt endormant et la pluie soudaine, la foule s’en est alors donnée à cœur joie. L’euphorie était à son comble pendant les populaires Iron et Run Boy Run. Un concert bipolaire, somme toute.

Mais encore?

Même si trop connu pour figurer sur cette liste, je tiens à saluer Bloc Party, qui a fait lever la foule, et c’est le cas de le dire! Je n’ai jamais vu autant de spectateurs s’adonner au body surfing durant un concert. Tout s’explique : musique accrocheuse, belle énergie, morceaux bien choisis… C’était presque parfait, sauf pour la voix du chanteur, fausse, par moments.

Je m’en voudrais de passer sous silence la prestation de Metric. Même si son dernier album, Synthetica, a été plus ou moins bien reçu par les fans et la critique, le band électro-pop canadien a su gagner les cœurs. Difficile de résister à leur présence sur scène, à la fougue de leur musique et au charisme de la oh combien charmante Emily Haines!

– Edith Paré-Roy