Travis Scott Crédit photo : Tim Snow 

Osheaga n’a plus à faire ses preuves. Chaque année, depuis déjà 13 éditions, le festival arrive à réunir artistes locaux et internationaux incontournables, faune à la mode (ou bref) et ambiance de feu. Osheaga gère à merveille ce qu’il peut gérer. Qu’arrive-t-il quand la tête d’affiche l’échappe, comme on dit? Retour sur une première journée réussie… et sur le retard de Travis Scott qui m’a lancée dans une aventure épique (ou presque).

Pour une deuxième année consécutive, Osheaga prend place sur un site de fortune du Parc Jean-Drapeau. Pendant les rénovations de l’emplacement habituel, le festival s’étale de tout son long – c’est le cas de le dire. Envie d’une bière? Faut faire un plan d’avance. Envie d’aller aux toilettes? C’est un pensez-y bien. Malgré la difficulté de se déplacer entre les scènes à cause de cette disposition qui ne durera pas, heureusement, Osheaga a encore une fois réussi à créer une atmosphère folle entre les spectacles – bien sûr -, mais aussi de multiples kiosques – c’était possible de faire des tests de shampoing sec, imaginez! – et de manèges qui donnaient des petits airs de fête foraine à la place.

Premier arrêt, Essaie Pas à la Scène des Arbres. Le duo montréalais a eu droit à un accueil plutôt mitigé des festivaliers, qui semblaient plus éplucher l’horaire de la journée ou chercher le bar le plus proche au lieu de porter attention. Dommage, parce que le groupe électro formé de Marie Davidson et Pierre Guérineau a présenté une performance solide devant un parterre presque vide, offrant entre autres quelques pièces de son cinquième album New Path.

Crédit photo : PBeaudry

Direction ensuite Scène de la Rivière Bell Alt Télé pour zieuter le spectacle de St.Vincent. En grande forme, l’auteure-compositrice-interprète s’est livrée dans un spectacle réglé au quart de tour. Alignés sur la scène devant des projections de St. Vincent, les musiciens ont présenté plusieurs chansons du tout nouvel album Masseduction. Au gré des morceaux, l’artiste est passée par toutes les couleurs… de guitare. Un détail qui dévoile bien l’esthétique très travaillée des spectacles de St.Vincent. Mention spéciale à l’interprétation de New York, qu’Annie Clark a présenté d’une jolie manière en évoquant Montréal.

Juste en face sur la Scène de la Montagne Coors Light, Portugal. The Man a pris le relais d’une manière étonnamment molle. Le groupe rock américain, qu’on avait pu voir plein d’énergie au festival en 2014, semblait moins d’attaque dans le cadre de la 13e édition. Après notamment l’interprétation d’Another Brick in the Wall Part 2 qui a mené à l’excellente Purple Yellow Red & Blue, la formation a semblé reprendre un brin de vigueur. Je me suis malgré tout dirigée vers la Scène des Arbres pour jeter un oeil à Cigarettes After Sex malgré les « Tu vas voir, c’est vraiment endormant comme show » ou « C’est bon sur album, mais my god que sur scène… » de quelques amis. Bonne décision. Le groupe de Brooklyn formé en 2008, qui a offert son premier album homonyme en 2017, porte bien son nom. Il présente une musique pop ambiante aux touches sombres qui plonge forcément dans la rêverie. Joli joli concert entre les pièces Affection, K. et Apocalypse.

La course du jour 1 et des conflits d’horaires déchirants s’est poursuivie entre une performance musclée de Yeah Yeah Yeahs qui a su comment faire danser le public, un spectacle incroyable d’Odesza qui a présenté un des moments les plus forts de la première journée entre rythmes fous, projections et feux d’artifices et un concert un peu tiède de Lykke Li.

Le défi du jour 1 : retourner chez soi 

Avec un peu de naïveté, je me suis mise à attendre le spectacle de Travis Scott. Et à attendre. Et à attendre encore. Bon, je vous dévoile le punch que vous connaissez déjà : le rappeur a été retenu à la douane, ce qui a provoqué un retard qui doit se classer dans les pires dans l’histoire d’Osheaga pour une tête d’affiche. Le spectacle, qui devait débuter à 21h45, n’était toujours pas commencé à 22h10. Osheaga a fini par nous expliquer le pourquoi du comment.

Qu’à cela ne tienne, je me suis dirigée vers la Scène Verte Banque Nationale pour aller voir le talentueux James Blake – qui lui a réussi à passer les douanes sans problème. Moment fort de la première journée.

22h45. La question s’est posée. Est-ce qu’on allait réussir à voir Travis Scott? Apparemment pas question, puisque les gardes de sécurité se sont mis à bloquer l’accès vers la Scène de la Rivière Bell Alt Télé. Parce que l’affluence était trop forte? Par peur d’une émeute? Parce que la tension montait un peu trop au goût des organisateurs? Faut dire que les réseaux sociaux étaient assez révélateurs :

 

 

Solution le départ pour plusieurs, alors. Pour moi aussi. Les festivaliers ont été redirigés vers le côté ouest du site, question d’éviter la zone où se massaient déjà plusieurs impatients. Le côté positif? Ça nous a permis de découvrir un amas impressionnant de toilettes chimiques, de réaliser que ça sent beaucoup beaucoup les égouts autour du site, de faire une randonnée impromptue – et un peu inquiétante – à travers des sentiers sinueux éclairés au néon. « Après la diète pré-Osheaga, la randonnée Osheaga? » a lancé une de mes amies en trébuchant sur une roche. Quand ça va bien!

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Ça devait faire une bonne vingtaine de minutes qu’on marchait quand on a entendu la foule hurler au loin. Travis Scott venait d’arriver, et le party aussi, apparemment. Nous bien, on était déjà trop loin.

Le constat de cette première journée? L’ennui n’était vraiment pas au rendez-vous. Espérons pour les organisateurs que les personnes de la douane seront sympathiques aujourd’hui!

À go, on repart pour le jour 2. Suivez notre couverture d’Osheaga tout le week-end!

Mélissa Pelletier

Osheaga, du 3 au 5 août 2018. Pour toutes les informations, c’est ici.

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