Le Cinéma du Parc présente jusqu’au 31 mars Only Yesterday, animé moins connu du célèbre Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles, The Tale of Princess Kaguya). Le film est une production du studio Ghibli dont la réputation n’est plus à faire. On doit à ce studio les si beaux et célèbres films d’Hayao Miyazaki. Only Yesterday a été réalisé en 1991, mais il s’agit cette année de la sortie de la première version doublée en anglais.

Takeo est une femme de 27 ans qui a vécu toute sa vie à Tokyo et qui décide de visiter des parents éloignés du côté de la campagne. Son voyage fera émerger les souvenirs d’une année de son enfance : le premier amour, les disputes avec ses sœurs, l’école… Ces réminiscences lui permettront peu à peu de comprendre par la petite fille qu’elle était, celle qu’elle est appelée à devenir aujourd’hui. Histoire simple, mais qui est la source d’un tissu complexe d’associations qui fondent les questionnements existentiels de Takeo.

Le quotidien à la ville comme à la campagne y est dépeint avec beaucoup d’intelligence et de délicatesse. On pense bien sûr à la beauté calme des films d’Ozu, mais aussi aux Années douces de Jirô Taniguchi, un roman graphique en deux tomes à lire ou à relire.

Si vous êtes des habitués des productions du studio Ghibli, il vaut de savoir que les dessins du film de Takahata sont moins grandioses que dans d’autres productions signées Ghibli. Cela dit, le choix d’un traitement visuel plus humble, souvent près de la peinture, est splendide et cohérent pour cette histoire plus intimiste que fantastique. Le flou autour des dessins présentant les scènes du passé, entre autres, est efficace en plus d’être agréable à l’œil.

Only Yesterday est un tableau délicat et tendre qui exprime bien que l’identité n’est autre chose qu’un tissage des fils tendus entre l’enfance et l’âge adulte. Un dessin animé pour les grands avec la magie et l’intelligence espiègle des plus petits.

Maude Levasseur

Only Yesterday de Isao Takahaya est présenté jusqu’au 31 mars au Cinéma du Parc.