On nous présente souvent l’adoption internationale comme un miracle qui permet à des milliers d’enfants d’échapper aux orphelinats de leur pays. Ces enfants, qui proviennent souvent de la Chine, s’adaptent facilement à la culture québécoise. Enfin, c’est ce que nous croyons. Quelques-uns feront du Québec leur terre d’accueil et de culture, d’autres chercheront à savoir quelles sont leurs origines. C’est ce qu’on appelle, la quête de l’identité.

Nicole Giguère, réalisatrice indépendante spécialisée dans les documentaires d’auteurs, a eu une idée de génie: suivre cinq adolescentes d’origine chinoise, sur une période de trois ans. On me prend pour une chinoise! reflète d’une étude sur les enjeux de l’adoption, mais évalue aussi les conséquences qui peuvent s’ensuivre. Ces cinq adolescentes, qui se dirigent rapidement vers l’âge adulte, doivent vivre avec la peur des responsabilités, mais aussi avec leurs différences.

On entre donc dans leur univers, qui n’est pas toujours rose. Certaines vivent des problèmes de poids, de dépression, d’identité, d’argent, de sentiment d’abandon… En les suivant, le téléspectateur risque de passer par toute une gamme d’émotions ! Ce documentaire est très bien construit : on peut facilement connaître l’état de la jeune fille devant nous, ce qu’elle ressent, ce qu’elle vit. La réalisatrice a même suivi quelques-unes de ces jeunes filles en Chine, afin qu’elles renouent avec leurs racines. Parce que si certaines veulent connaître leurs parents biologiques, d’autres s’en foutent royalement.

Force est d’admettre que ce documentaire nous présente avant tout un portrait des adolescentes modernes. Mais avant tout, ces cinq jeunes filles nous apprennent trois choses: motivation, espoir et force.

Pour visionner On me prend pour une chinoise!, il suffit de se procurer le coffret DVD, qui réunit aussi le précédent documentaire de Giguère sur l’adoption internationale, Alice au pays des gros nez. Pour se le procurer, visitez le www.videofemmes.org.

– Marie-Eve Leclerc