Crédit photo: Melanie Jane

Il semble bien que le country m’a suivie du Festival Western de Saint-Tite jusqu’à chez moi… Me voilà à écouter le band Oh My Darling pour cet article – sans grand enthousiasme, dois-je avouer. Ceux qui ne frôlent pas l’écoeurantite de riffs country au banjo sur fond de violon sauront sans doute apprécier davantage ce groupe manitobain formé de quatre musiciennes au look cowgirl.

Le quatuor roule sa bosse depuis déjà quelques années. La preuve : il a déjà été nominé à trois reprises pour le Western Canadian Music Awards dans la catégorie « Meilleur album roots ». Impressionnant pour des musiciennes aussi jeunes, de surcroît dans un milieu surtout masculin, et un brin macho, faut-il admettre. Leurs trois albums (Inthe Lonesome Hours, Love Shack et Sweet Nostalgia mêlent le country-folk, le bluesgrass et le roots, tandis que leur dernier EP, intitulé Venez danser!, flirte avec la musique traditionnelle.

Sans parler de talent hors du commun ou de voix extraordinaires (oh non!), on peut dire peu poétiquement qu’Oh My Darling livre la marchandise. Les musiciennes restent dans le cadre bien établi du genre, autant pour la musique, les paroles et les thèmes que pour les arrangements. Ni plus ni moins. S’il manque de créativité selon moi, les amateurs du country « pur et dur » y trouveront leur compte. Pour ma part, dans le même créneau, je préfère le band vancouvérois Po’ Girl.

Venez danser!

Les Manitobaines ont pensé au public francophone en lui offrant des pièces en français, parmi lesquelles une reprise d’À la claire fontaine et des compositions originales. Une belle attention, qui leur ouvre du coup des portes au Québec! En effet, elles font la première partie de l’excellente Lisa Leblanc à Magog le 21 septembre, après avoir joué dans plusieurs villes, dont Longueuil, Sorel, Victoriaville et Trois-Rivières.

Si le titre de leur dernier EP évoque la fête, certaines chansons qui s’y retrouvent sonnent quelque peu mélancoliques, et le violon presque lancinant. D’ailleurs, le country semble davantage dans leurs cordes que la musique traditionnelle. L’ensemble me donne tout au plus l’envie de remuer mes orteils dans mes bottes de cowboy (imaginaires). Mais qui sait, peut-être que les belles cowgirls se transforment en bêtes de scène devant des spectateurs, qui ne peuvent alors s’empêcher de se déchaîner dans des danses en ligne ou en freestyle? C’est ce que l’on pourra voir le 22 septembre à 20 h 30 au Petit Campus, où elles se produiront dans le cadre de POP Montréal.

– Edith Paré-Roy