Crédit photo : Rémy Savard

Alors que la St-Valentin s’amène une fois de plus, pourquoi ne pas repousser du revers de la main le romantisme sirupeux qu’occasionne souvent cette fête amoureuse et plutôt débattre de notre obsession contemporaine de la beauté? C’est ce que nous propose, en fin de semaine prochaine, la nouvelle compagnie de production théâtrale Les Filles d’à Côté avec la pièce Obsessions présentée au Théâtre Aux Écuries de Montréal. Huit acteurs porteront les mots crus et cruels du dramaturge étatsunien Neil LaBute, avec la fusion de deux de ses pièces majeures, soit L’obsession de la beauté (Reasons to be Pretty) et Grosse truie (Fat Pig). La pièce est mise en scène par Sébastien Gauthier, cofondateur du Petit Théâtre du Nord.

Au Québec, il est rare que les pièces de Neil LaBute nous soient proposées sur scène. On reste plus familier avec les adaptations cinématographiques de In the Company of Men (1997) et The Shape of Things (2003). En 2006, l’acteur et animateur Stéphane Bellavance adaptait et mettait en scène Fat Pig (2004), sous le titre de L’amour est trop lourd. L’histoire est simple : un jeune professionnel et une femme ronde tombent en amour. Celui-ci tente de cacher sa copine à son entourage étant donné son surplus de poids. Puis, en 2012, l’artiste David Laurin traduit Reasons to be Pretty, qui fut la première pièce de Neil LaBute à être montée sur les planches de Broadway en 2008. Cette pièce, jouée alors au Théâtre La Licorne, relate l’histoire de deux couples, dont l’un éclate alors que le conjoint fait une remarque maladroite sur sa douce moitié. Ce sont d’ailleurs les traductions de Bellavance et Laurin qui seront mises de l’avant lors des présentations d’Obsessions, où la mise en scène s’appuiera sur le côté voyeur du spectateur en le plaçant en bifrontalité, c’est-à-dire que la moitié des spectateurs sera d’un côté de la scène tandis que l’autre fera face à cette dernière. Une façon d’encadrer l’aire de jeu, placée au centre comme la scène d’un défilé de mode où défilent plutôt les couples et leurs conflits.

Nouveaux visages

Ces deux comédies grinçantes ont été fusionnées, dans un premier temps, lors du spectacle de 3e année de la promotion 2014 des finissants de l’Option-Théâtre du Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse. De cette création de départ, sept camarades sur quatorze se remettront en selle du 12 au 14 février. En effet, Marina Harvey, Karlo Vince Marra, Simon Landry Désy, Josiane Proteau, Rémy Savard, Andréanne Théberge et Élisabeth Tremblay faisaient partie de la création originale qui comportait alors trois pièces de LaBute. Le huitième acteur qui se greffe à l’équipe est Philippe Thibault-Denis, de la promotion 2012 du Conservatoire d’art dramatique de Montréal, alias le D’Artagnan des Trois mousquetaires que le Théâtre du Nouveau Monde (TNM) présentait l’été dernier, sous l’œil créateur de Serge Denoncourt. Ce dernier a également choisi de nouveau l’acteur pour devenir le Roméo de Shakespeare et donner la réplique à Marianne Fortier au même théâtre l’été prochain.

Les pièces de l’artiste Neil LaBute sont reconnues pour leurs textes corrosifs et rythmés, appuyés sur les travers des obsessions humaines. Voilà une bonne façon de nous confronter et de ne laisser personne indifférent. C’est donc un rendez-vous au Théâtre aux Écuries, pour trois soirs seulement.

Julie Lampron

La pièce Obsessions de Neil LaBute prendra la scène du Théâtre Aux Écuries du 12 au 14 février 2016.
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