Photo : Olivier Dénommée

C’est ce week-end qu’on a pu – enfin – aller découvrir ce qui se passe de bon du côté de La Noce. Vous allez peut-être nous dire qu’on est un peu long à la détente… Et on vous répondra que vous avez tout à fait raison. Retour sur une 3e édition pleine de bonne musique – et de péripéties qui ne s’inventent pas. 

Après 7 heures de route (damn you tempête de pluie!), 42 cafés et des sushis tristes (Sushi Shop de Donnacona, c’est à toi qu’on parle), nous voilà arrivés à bon port. C’est peut-être bizarre à dire, mais on a eu tendance en chemin à comparer le Saguenay – que Mélissa visitait pour la première fois – à toutes les villes qu’on connaît. « L’humain est toujours en mode comparaison, voyons », a lancé une amie journaliste, bien à propos. 

Dans ce cas, laissez-nous faire de même pour La Noce. Si le petit festival peut se targuer de présenter une programmation digne du FME – à plus petite échelle, s’entend –, il a aussi sa jolie vibe relax des premières années. Beaucoup des artistes en ont profité pour se promener à travers la petite foule et assister aux spectacles de leurs collègues. Tout de même sympathique de voir le porte-parole Philippe Brach tripper sa vie sur les sons tellement originaux de Yonatan Gat & The Eastern Medicine, Anna de Les Deuxluxes se taper une danse en ligne au spectacle de Munya ou Keith Kouna chiller au soleil.

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Par rapport à l’affluence, ça avait même des airs de Santa Teresa. Pas besoin de se marcher sur les pieds : il y avait de la place pour tous les sympathiques festivaliers. Et heureusement qu’ils étaient d’aussi bonne humeur d’ailleurs, parce que La Noce, ça ressemble vraiment à un mariage où on finit par connaître tout le monde. Si on ne veut pas croiser quelqu’un par contre, c’est un peu peine perdue!

En marchant vers les premiers shows de la fin de semaine, on pouvait déjà entendre des notes résonner à travers la ville. Suffisait d’ailleurs d’ouvrir la fenêtre de notre gîte pour nous mettre en appétit avec les premières chansons de la journée. Dès l’entrée sur le site, on pouvait assister aux faux (même vrais, dans certains cas) mariages sous un chapiteau. On a vu beaucoup d’amis se marier et certains même divorcer (sniff) au Festival La Divorce animé par Les Pic-Bois. Émotion, quand tu nous tiens!

Musique, magie, soleil 

Parlant d’émotions, on en a senti en masse sur les différentes scènes du festival. Faut dire que jamais on n’aurait parcouru autant de kilomètres si la prog ne nous avait pas autant fait saliver. Et on s’est gâtés : ensemble, on a assisté à une vingtaine de spectacles et on a retenu plusieurs moments magiques. Pensons au spectacle inspiré d’Elisapie accompagné d’interventions ô combien nécessaires sur le sort misérable réservé aux membres des Premières Nations au Canada, et particulièrement aux femmes autochtones, fait peu reluisant révélé dans des rapports publiés récemment. « Je suis fière d’être une femme autochtone pleine de résilience », a-t-elle conclu vers la fin de son show qui inaugurait la grande scène jeudi en début de soirée. 

Pensons à Oktoplut qui nous a joyeusement arraché les oreilles (c’était quoi l’idée de se tenir à 2 pieds des speakers, aussi?) et à Keith Kouna qui est capable mieux que quiconque de rocker ça à 13 h sur la petite scène (et qui a offert Coat de cuir des Goules en rappel!). Pensons à Les Louanges en mode rock rétro et sexy qui convainc la foule massée devant la grande scène de chanter le refrain de La nuit est une panthère et à la perfo de Choses Sauvages qui en a fait danser (et suer) plusieurs sous le soleil chaud. Pensons à Laurence-Anne qui a confirmé, s’il le fallait, qu’elle est définitivement une voix à suivre. Pensons à Philippe Brach et à la dose de folie qu’on lui connaît, qui a ramené ses meilleures « vieilles tounes » pour le plaisir des Noceurs. C’est cliché, mais on va le dire pareil : fallait être là!

Oui bon, on doit bien noter quelques petits bémols au fil de la fin de semaine. On se questionne toujours sur l’idée d’ouvrir un festival comme La Noce avec une perfo déprimante du Benoit Paradis Trio. La musique était impeccable, mais c’était loin de mettre les premiers arrivés dans le beat! Certains shows ont aussi beaucoup moins levé que ce qu’on aurait espéré, comme celui de Dead Obies, une des têtes d’affiche du festival, qui semble avoir peiné à connecter avec son public jusqu’à très tard dans le spectacle. Même son de cloche malheureusement du côté de Milk & Bone. Les filles avaient beau donner une performance sans faille, c’est la réaction du public qui a étrangement manqué à l’appel jusqu’aux dernières pièces. 

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Une tonne de talents (et de problèmes de son)

Le verdict? Si La Noce a rempli sa mission pour cette 3e édition par rapport à la programmation et l’ambiance, elle a malheureusement eu quelques difficultés du côté du son. On a surtout remarqué pendant la prestation de Thus Owls, pendant laquelle un fort bruit a fait taire tout le monde, dont le band, d’un coup. « Ça aurait pu être n’importe quoi. Un coup de feu ou je sais pas », a lancé Olivier, notre vaillant chef de pupitre musique, la petite panique dans l’oeil. S’est ensuivie une lourde conversation sur le terrorisme. On l’avait le don de profiter d’un beau samedi ensoleillé, nous autres!

Ces accrochages se sont malheureusement poursuivis tout au long du week-end, entre le chanteur de Choses Sauvages qui s’est exclamé à la foule « Ça va? On est à ChicouTSSSI! J’ai un problème de micro, je pense », des grichements pendant Les Louanges et la perfo de Jesse Mac Cormack, où les basses étaient dans le tapis. La cerise sur le sundae? L’after de Zouz, un des derniers spectacles du week-end, qui a mis de l’avant autant de talent que de problèmes de son. David Marchand, qu’on n’entendait littéralement pas chanter à certains moments, a comme qui dirait dû lever le ton envers le technicien de son de bonne foi, mais visiblement dépassé. « Ça presse man, ça presse. Big, envoye! » Heureusement, ça s’est – relativement – vite réglé et La Noce s’est terminée dans la joie, l’allégresse (et beaucoup de headbang).

Déjà, sur Facebook, l’équipe nous invite à La Noce de Froment l’an prochain. Après une telle édition, difficile de refuser cette offre!

La Noce a eu lieu à Chicoutimi (Saguenay) du 4 au 6 juillet derniers. Pour les détails, c’est ici.

– Mélissa Pelletier et Olivier Dénommée