C’est dans la tempête qu’a pris l’affiche, le 14 mars, Miron : un homme revenu d’en dehors du monde. D’abord présenté en clôture de la 32eme édition des Rendez-vous du cinéma québécois, le film est maintenant projeté sur grand écran à l’Excentris.

Second opus de la réflexion de Simon Beaulieu sur le destin du peuple québécois à travers la parole de ses poètes, Miron : un homme en dehors du monde, se trouve à cheval entre essai esthétique cinématographique et documentaire politique. Le long métrage s’ouvre sur la lecture du poème La marche à l’amour par Gaston Miron lui-même, et donne le ton. La parole du rapaillé est, dès lors, mise en relation avec diverses images d’archives et extraits de films qui reflètent bien l’univers narratif du poète : celui de la résistance culturelle et de l’identité québécoise qui se peaufine comme on perle un poème.

Miron : un homme revenu d’en dehors du monde, c’est avant tout un film entre musique à bouche et bouche tout court. Une expérience de l’art qui présente, dans une forme toute particulière, la relation entre poésie et contestation sociale; Beaulieu rapaille les images comme le poète les mots. Miron, c’est un film qui rappelle que les mots se brandissent à bout de bras, comme autant de pancartes; c’est de retomber nez-à-nez avec soi-même et réaliser que l’on se croise constamment sans s’en rendre compte. Les poèmes de Gaston Miron composent son unique recueil comme l’accumulation des printemps forment ce peuple rapaillé qui est le nôtre : entre femme et pays comme entre mère et patrie.

Pour Simon Beaulieu, si Miron est un homme en dehors du monde, c’est parce qu’il donne à voir les images du monde qui se trouve dans l’homme.

– Toby Germain

Miron : un homme en dehors du monde
Présenté à l’Excentris (Montréal), au Clap (Québec) et à La maison du cinéma (Sherbrooke)