Crédit photo : Robert Etcheverry

Avant de commencer, je dois avouer que j’ai un (très gros) faible pour le Théâtre Pupulus Mordicus. Le théâtre de marionnettes est un univers magique et fantastique où tout peut arriver, sans que l’on s’en étonne, mais surtout pour le plus grand plaisir des yeux et de l’imagination.

C’est donc avec les merveilleux souvenirs du Cabaret Gainsbourg présenté en 2010, magnifique explosion de couleurs et de chansons agrémentée de l’ambiance déjantée d’un cabaret, que je me suis rendue au Périscope pour plonger dans l’univers de Méphisto Méliès. Cette fois, on trouve des trésors cachés sous la poussière et des secrets enterrés sous de vieilles querelles.

Georges Méliès est un des pères du cinéma et des effets spéciaux. Prestidigitateur, il a un faible pour la féerie et la science-fiction: Cendrillon, Gulliver, Barbe-Bleue, Le voyage dans la lune, Vingt mille lieues sous les mers, etc. Un de ses personnages fétiche, Méphistophélès, sort de son film pour retrouver son créateur et ses oeuvres perdues.

L’aventure n’est pas rocambolesque, malgré les forains et les lieux extraordinaires créés à partir d’un peu de pellicule, mais bien personnelle et intime. Une quête de l’émerveillement et du rêve. Un destin sombre hanté par les faussaires, l’effort de guerre, les problèmes financiers et judiciaires. Et une fin paisible.

Jeux d’ombres, castelet miniature, marionnettes originales, personnages plus grands que nature, décors feutrés, projections envoûtantes et éclairages enchanteurs. On a envie de s’approcher, d’entrer dans l’histoire. La scène est une pellicule vierge où tout peut arriver.

Ne vous inquiétez pas, Monsieur Méliès, plus de cent ans après votre dernier film, on se souvient encore de vous.

Ariane Hivert

Méphisto Méliès est présenté au Théâtre Périscope à Québec jusqu’au 31 janvier 2015. Texte et mise en scène d’Hélène Ducharme et Pierre Robitaille, une coproduction du Théâtre Pupulus Mordicus, du Théâtre Motus et du Festival Marionnettissimo.