Le 18e MEG Montréal a frappé un grand coup avec sa programmation du 29 juillet dernier, regroupant dans un même lieu les groupes locaux Nomadic Massive, Topium et Bad Dylan. S’il ne semblait pas y avoir de thème particulier à cette soirée, elle n’en était pas moins réussie, remplissant très vite le Divan Orange de spectateurs… et de sueur.

Bad Dylan : beats funky et sourires complices

Bad Dylan / Photo : Olivier Dénommée

Bad Dylan / Photo : Olivier Dénommée

Le trio a mis les pieds sur la scène vers 22h25, devant une salle où il était déjà relativement difficile de circuler. Ça promettait! Les rythmes entraînants, voire tropicaux par moments, n’ont pas tardé à capter l’attention du public, qui a obéi à la demande des musiciens de s’approcher un peu de la scène. Comme tout band en première partie, Bad Dylan n’a pas réussi à faire danser les gens autant qu’il aurait souhaité, quoique vers la fin du set d’une demi-heure, quelques déhanchements étaient visibles dans la salle, surtout après qu’un des musiciens ait sauté de la scène pour danser brièvement avec le public. La véritable synergie était tout de même sur scène, alors que les trois musiciens se regardaient souvent en souriant, surtout pendant leurs solos. Mission accomplie pour le groupe montréalais, qui a bien installé l’ambiance pour la suite de la soirée.

Topium : interlude jazz

Après une trentaine de minutes d’attente, les gars de Topium ont commencé à jouer. Les premiers instants ont semblé laborieux, comme on sentait que le duo rencontrait de petits problèmes techniques. Malgré cela, la foule grandissante n’a pas semblé indisposée outre mesure, et plusieurs spectatrices se sont rapidement mises à danser, emportées par la musique. Justement, la musique, parlons-en : alors que Bad Dylan cherchait à énergiser les gens du début à la fin, Topium variait les ambiances, alternant entre morceaux rythmés et d’autres plus jazzés et modérés. Lorsque Jérôme Dupuis-Cloutier se mettait à jouer de la trompette, chose qu’il a faite environ les deux tiers du set, la musique prenait souvent un air particulièrement aérien; rien pour déplaire au public qui savourait, les yeux fermés. En quelque sorte une interlude électro-jazz de 45 minutes, la performance de Topium a fait le pont entre deux sets très différents du sien, sans jamais qu’on sente de rupture. Chapeau!

Nomadic Massive : pas de répit!

Le clou de la soirée, et la raison principale pour justifier un Divan Orange aussi plein : le collectif Nomadic Massive était chargé à bloc et n’allait faire aucun prisonnier ce soir-là. Alors que, règle générale, la salle commence à se vider après minuit à cause des horaires peu amicaux de transport en commun, le Divan Orange était aussi toujours plein à craquer au début de la performance, à minuit 30. Aussi, tout habitué à la salle sait à quel point la scène est exiguë… eh bien dix musiciens (et il en manquait!) sont parvenus à s’y masser en même temps, laissant même assez de place pour que les trois chanteurs/rappeurs présents puissent circuler à l’avant.

Nomadic Massive / Photo : Olivier Dénommée

Nomadic Massive / Photo : Olivier Dénommée

Il semble que la majorité du public était formé d’habitués et de fidèles de Nomadic Massive : très tôt dans le spectacle, les gens suivaient les paroles avec énergie et ne se sont pas fait prier pour danser sur les rythmes chauds du band local, qui passait tantôt de beats hip-hop teintés de musique du monde, tantôt carrément dans un registre R&B. La complicité était palpable, autant entre les musiciens qu’avec le public – qui est presque entièrement resté jusqu’à la fin de la performance… à 2h! – et l’énergie, digne du nom du band qui roule sa bosse depuis une douzaine d’années déjà. En revanche, on sentait que les musiciens étaient plus fatigués à la fin de la performance d’une heure et demie, ce qui explique l’absence de rappel malgré la foule qui en aurait bien redemandé une dernière.

La soirée était probablement une des belles réussites de ce 18e MEG; le contraire aurait été étonnant, comme on avait affaire à une valeur sûre comme tête d’affiche, mais il faut admettre que les premières parties ont, elles aussi, contribué au momentum. Nomadic Massive aurait-il pu remplir une salle plus grande? Aisément, mais une performance au Divan Orange a toujours un petit quelque chose de semi-intime, ce qui lui donne un certain charme.

Ça donne déjà hâte à l’an prochain!

– Olivier Dénommée