La dernière fois que le quatuor de Limoilou avait lancé un nouvel album, c’était en novembre 2013 dans l’exigu Verre Bouteille. Trois ans après Le faux du soir, Mauves avait envie d’explorer d’autres avenues et un son différent. Ce son, c’est devenu Coco, avec une esthétique moins planante, qui nous rentre davantage dedans. Sorti en magasin le 23 septembre mais lancé à Montréal presque deux semaines plus tard au Matahari Loft, Coco est un troisième long jeu qui marque une envie de se faire découvrir par un plus large public.

Rencontrés quelques instants avant leur lancement montréalais, les gars de Mauves semblaient presque sereins, et avec raison : « La réponse est super bonne jusqu’à date, surtout sur l’internet. On a de plus en plus de fans et la réponse médiatique est aussi très bonne! », croient les musiciens qui ont eu droit à plusieurs critiques élogieuses. Le nouveau son n’était certainement pas étranger à ces éloges, alors qu’on mettait la guitare à douze cordes au cœur des enregistrements pour créer un effet rappelant les années 1970. « On voulait faire un album qui était plus punché, comparé au précédent qui était plutôt planant et psychédélique : on a fait quelque chose de plus concis qui reflétait aussi plus l’énergie en show », explique Julien Déry, guitariste et chanteur. Amateurs du côté psychédélique de Mauves, rassurez-vous, car ces sonorités existent toujours dans Coco; seulement, elles sont plus dosées et laissent davantage d’espace à des riffs plus rock et plus accrocheurs.

De blague à mot d’ordre

« C’est en studio qu’est née la “vibe Coco”, se souviennent les musiciens. Lorsqu’on a ajouté la douze cordes, c’est devenu une blague entre nous parce que ça sonnait comme la musique de la côte ouest américaine des années 70. Le mot d’ordre derrière l’album était la cocaïne… coco. » D’abord une blague, ce mot est rapidement devenu le titre de l’album, qui a ainsi influencé des choses comme la pochette de l’album et même des titres de chansons. Rappelons ici que la première piste de l’album s’appelle quand même « J’ai tout essayé »… Même l’écoute de l’album se décrirait, selon les musiciens, comme des lignes de coke. L’autre mot d’ordre : spontanéité. Beaucoup de décisions auraient été prises sur le coup, sans (trop de) réflexion en studio. Cela donne droit à quelques surprises en écoutant l’album, qui ose différemment que par le passé.

Alexandre Martel / Photo : Olivier Dénommée

Alexandre Martel / Photo : Olivier Dénommée

Lancement entre amis

L’ambiance au Matahari était conviviale et le public montréalais était bien présent, sans que personne n’ait à piler sur les pieds de ses comparses : tous étaient présents pour découvrir le nouveau matériel de Mauves ou pour tester son intensité en live. Au menu, une performance d’environ 50 minutes où le groupe a essentiellement servi son nouveau matériel. La disposition était bien particulière sur scène : les quatre musiciens étaient disposés aux quatre extrémités, tous à quelques mètres de distance. Au milieu, un immense cobra en papier mâché (à ne pas confondre avec le fameux python de Verdun) qui nous rappelait les glorieuses années 70. En entrevue, le groupe avait promis que son nouvel enregistrement serait très près du son en spectacle, et il n’a pas menti : on a eu droit à une version fidèle à l’album, avec une présence en plus. Les éclairages n’étaient pas particulièrement fous (ils le sont de toute façon rarement pour les groupes émergents), mais les réactions des musiciens et celles du public suffisaient à créer une énergie toute particulière. Seul bémol : la performance s’est arrêtée trop abruptement, nous laissant sur notre faim.

Si vous avez apprécié le vieux Mauves, celui-ci, sans être aussi poussé, devrait répondre à la plupart de vos attentes; si vous trouviez l’ancien matériel trop psychédélique pour vos oreilles, prenez quelques minutes pour essayer celles-ci et peut-être changerez-vous d’idée! Ce troisième album a vraiment un petit quelque chose qui fait en sorte qu’il devient meilleur à chaque écoute. Vous pouvez notamment l’essayer gratuitement sur Bandcamp.

– Olivier Dénommée