Le groupe suisse Mama Rosin commence à faire son petit bout de chemin au Québec. Avec son nouvel album Bye Bye Bayou qui sortira le 4 juin prochain, la formation nous gâte en nous offrant une version toute spéciale réservée à l’Amérique du Nord. Dans un véritable tourbillon de création et de spectacles à venir (dont la première partie de Lisa Leblanc aux FrancoFolies le 20 juin), le sympathique groupe a pris quelques minutes pour répondre à mes questions.

 

Pourquoi avoir décidé de faire une version spéciale de votre album Bye Bye Bayou, Director’s Cut, pour nous?

Alors mille raisons à cela. On va essayer d’être courts. Nous étions revenus de New York comme des fous, habités d’envies et d’idées. Et fallait trouver un set list. Un set list qui tienne debout et nous fasse penser à ce qu’on avait vécu là-bas. Après mille tergiversations marrantes et complexes, on a opté pour un set list assez rude, en pensant bien sûr LP. Face A et Face B. Des morceaux sont passés à la trappe. Notre producteur, Jon Spencer avait proposé un ordre assez tentant, qui propose 3 morceaux pas existant sur la version “européenne” et qui en vire deux autres. Il a été assez déçu qu’on ne garde pas la sienne. Il y avait un moraux avec un invité surprise miraculeux en la personne d’Ernie Brooks, bassiste des Modern Lovers, un de nos groupes fétiches. Donc pour un retour en terre américaine, on avait envie de rendre hommage à Jon, et Ernie, et surtout pour souligner la vision qu’ils ont eu de notre groupe. Une lecture façon Amérique du nord de Mama Rosin …

 

Comment s’est passé l’enregistrement avec Jon Spencer?

Une folie, simple, rapide et magnifique. En fait ce mec nous a guidés le long de notre chemin. Il avait des idées et a su nous laisser faire en nous amenant son savoir-faire génial. Parfois ultra présent, parfois effacé. Le boulot avec lui, c’était simple. Et c’est surtout dans la production qu’il s’est amusé. Oui c’est un disque produit. Mais parfois ce terme peut être usurpé ! Il s’agit d’une touche, d’un son magnifiquement personnel. Il a un côté savant fou, mais aussi un côté calme. Cette dichotomie est géniale. Et permet à notre disque de tolérer chansons violentes et chansons calmes, qu’i a adoré produire. Il voulait en connaître la traduction, les accords, aller en profondeur dans les morceaux. Et un petit mot aussi pour Matt Verta-Ray qui a fait un boulot de sonorisation et de prise de son superbe. Huit jours en studio avec ces deux mecs nous a permis de vraiment faire un pas énorme vers le son.

 

Êtes-vous contents de la réception de l’album en Europe?

Oui. Bien sûr. Il se vend et se chronique à merveille. Jamais personne n’en a dit du mal pour l’instant … Et les morceaux sur scène sont ultra-dansants et prenants, et encore une fois, les morceaux calmes passent super bien. Le gens aiment le son, aiment les clips, la pochette, et on a vraiment reçu de la scène rock’n’roll un accueil hyper bon, mais en gardant le public plus rots qu’on a toujours eu …

 

Sur votre page Facebook, votre style musical est décrit comme : live, groovy, zydeco, blues, cajun, trash, r’n’r music. C’est large! Pour vous, est-ce que c’est une espèce de liberté d’être très versatile, de piger dans plusieurs influences?

Mais exactement ! En fait, ne pas être catalogués nous laisse la possibilité de faire des bonds dans toutes les directions. Parfois on s’égare, mais on arrive toujours a gardé le son “mena” je crois. Et on reste profondément lié au son groove et chaud de la Louisiane. Les influences sont larges, mais on reste un trio de blues ultra libre. Voilà. La musique du Canada est une musique qu’on adore. Des groupes de garage 60’S en français, la musique traditionnelle, et bien sûr Neil Young nous ont beaucoup influencés, comme tout le monde. On adore The Sadies. Et récemment on a joué avec thé Deep Dark Wood. Autant des groupes de musiciens, qu’on écoute et croise et qui, d’une manière ou d’une autre, laisse une trace.

 

En quelques mots, pouvez-vous me décrire votre processus de création? Qui écrit, qui compose, quelle étape est la plus importante selon vous? 

Bon. On n’a jamais eu de local de musique, donc la musique se fabrique en jouant, en live, au sound check, en van. On a toujours quelques trucs qui traînent et qu’on laisse se développer. Qui mûrissent, reviennent, se jam, et finalement deviennent un morceau sur disque. Et ensuite, ils continuent souvent à bouger, à évoluer en live. C’est assez fou de rendre cette musique organique et vivante. On peut même enregistrer un même morceau sur plusieurs disques. La musique vient souvent d’elle-même et on est tous dans le coup.

 

Vous allez venir nous voir à Montréal! D’ailleurs, vous allez faire la première partie de Lisa Leblanc le 20 juin prochain au Métropolis. Est-ce que Lisa est une découverte pour vous? Comment vos styles musicaux respectifs se côtoient, se ressemblent?

Pour l’instant, on est dans un magnifique flou artistique qui nous convient à merveille. Nous sommes super occupés dans nos vies de musiciens sur la réserve. Alors on attend de se rencontrer pour se mêler les uns aux autres et trouver le bon mood pour une collaboration. On se réjouit. On s’est brièvement croisés en avril à Lafayette. Elle passe beaucoup à la radio chez nous et est immanquable. Donc je pense qu’on va réussir sans problème à se marrer.

 

Un mot pour vous décrire en spectacle?

Chaleur Apocalyptique (merde, deux mots !)

 

Avez-vous d’autres projets musicaux, d’autres groupes?

Des millions, mais à peu près toujours Cyril et Robin quelque part … Mais principalement notre duo, plus cool, plus sad, les Frères Souchet … C’est un super bon plan quand on joue dans des petits lieux, on vient qu’à deux. Et on a aussi un label qui nous prend beaucoup de temps sur lequel on sort plein de pépites magnifiques: Moi J’Connais Records (http://www.moijconnais.com/)

– Mélissa Pelletier