Après avoir été amenés à l’aveuglette dans quatre énormes autobus scolaires, traverser les dédales d’une ville pour se retrouver dans l’inconnu (dont nous apprendrons être, plus tard, Ste-Thérèse) et regarder la performance Bonbons/Candy par les toujours trash, excentriques et visuellement intéressantes Fermières obsédées, on est donc assis, la nuit tombée, dans les estrades d’un terrain de football.

On ne se mentira pas, il faisait froid. Froid et humide. Cependant, Détruire, nous allons de Philippe Boutin et Dave St-Pierre présenté dans le cadre des OFFTA valait sans l’ombre d’un doute ces centaines de frissons et les minutes interminables durant lesquels mes pieds ont refusé de décongeler, bien après la pièce de 2h15.

Dave St-Pierre nous prouve une fois de plus sa loyauté envers la relève (le texte, les costumes et plusieurs des personnages principaux étant confié à des finissants du Collège Lionel-Groulx. D’ailleurs, Christophe Payeur s’annonce particulièrement à surveiller). Le texte de Boutin, à la fois magnifique et drôle, plein de poésie et de références populaires (de Gauvreau à The bird, the bird is the word), nous transporte dans un  amalgame de tragédie classique, empruntant des éléments à des œuvres de Shakespeare, ou bien à Cyrano et Euripide. Le ton était juste, les chorégraphies impressionnantes, la mise en scène dynamique et inventive.

Chapeau au OFFTA d’avoir pris des risques en programmant cette œuvre comme spectacle d’ouverture: le résultat dépassa les attentes.

– Marie-Paul Ayotte

Les OFFTA se poursuivent jusqu’au 2 juin.

http://www.offta.com/