Voleur de membre au Jamais Lu. Crédit photo: David Ospina

Ce mois de mai, il n’y a pas seulement le 10ème anniversaire de Total Crap, deux films québécois à Cannes et le retour (oh, tant attendu) de Arrested Development : c’est aussi un mois rempli d’une quantité phénoménale de festivals et d’événements artistiques à Montréal ; Jamais Lu, OFFTA, FTA, Chromatic,  pour ne nommer que ceux-là. Ne pensant qu’à votre bonheur, je vous offrirai mes impressions des nombreux shows à mon agenda tout au long du mois de mai (et qui sait, peut-être même de l’été), pour que vous puissiez faire une décision éclairée parmi les spectacles et événements que vous ne voulez pas manquer.

 

***

Un bruit en pleine nuit. Puis, le silence. Au matin, un pied a été volé. Pas une sacoche ou un ordinateur, mais bien un pied. Puis, la nuit suivante, une jambe. Autour de cette victime amputée aléatoirement et d’une nonchalance inquiétante déambule un entourage dont l’incident n’a laissé personne indifférent.

Récit désopilant dans la forme, fort troublant dans son fond, Le voleur de membres de Mathieu Handfield a un regard percutant, malgré son ton absurde, sur la compassion dans la société actuelle, sur la réaction collective et individuelle en temps de crise. L’écriture est juste, les personnages plausibles même avec leurs comportement on ne peut plus dysfonctionnel, et, malgré quelques moments superflus (particulièrement en ce qui a trait au personnage de la mère, qui semble hétéroclite par rapport à l’ensemble), le tout est un vrai bijou de dramaturgie.

J’ai très hâte de voir ce texte monté au théâtre… Ce qui amène aussi mon plus grand questionnement de la soirée : ce texte passe très bien le test de la lecture publique, mais question logistique, il faudra une mise en scène plus qu’inventive – car ici, les membres disparus ne sont pas que métaphores.

Voleur de membre a été présenté lundi le 6 mai. Le Festival Jamais Lu se poursuit au Théâtre aux Écuries jusqu’à vendredi. Pour plus d’infos : http://www.jamaislu.com

– Marie-Paul Ayotte