Crédit photo: David Ospina

Une voix se fait entendre, longtemps. Nous sommes dans une installation in situ d’une jeune artiste, qu’un homme dans la cinquantaine, un livreur UPS visite à chaque semaine. Elle veut voir cet homme, ce public, comprendre ce qui le touche assez pour mériter des visites répétées à son œuvre. Mais pour lui, cet anonyme on ne peut plus banal, la vie, le réel, le passé est de loin plus intrigant que l’œuvre.

On devine un discours qui se veut profond sur la fonction de l’art et son rapport au public. La talent, l’effort et surtout, la pertinence de ce sujet trop peu souvent abordé, ou si ce n’est dans les revues «d’initiés », sont sans contredit au rendez-vous. Cependant, le tout a un ton vaguement didactique et peu fluide ; on sent, à travers plusieurs phrases du texte, l’imposition lourde et volontaire du discours que veut aborder le dramaturge. Les personnages sont toutefois attachants, la prémisse originale, et dépendant de la mise en scène lors de sa future création théâtrale (car de long moments de ce huis clos à peu de personnages se déroule que sur voix hors-champs), le résultat pourrait être fort intéressant.

La Cantate intérieure fût présentée mardi le 7 mai. Le Festival Jamais Lu se poursuit au Théâtre aux Écuries jusqu’à vendredi.

-Marie-Paul Ayotte

http://www.jamaislu.com

 

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Ce mois de mai, il n’y a pas seulement le 10ème anniversaire de Total Crap, deux films québécois à Cannes et le retour (oh, tant attendu) de Arrested Development : c’est aussi un mois rempli d’une quantité phénoménale de festivals et d’événements artistiques à Montréal ; Jamais Lu, OFFTA, FTA, Chromatic,  pour ne nommer que ceux-là. Ne pensant qu’à votre bonheur, je vous offrirai mes impressions des nombreux shows à mon agenda tout au long du mois de mai (et qui sait, peut-être même de l’été), pour que vous puissiez faire une décision éclairée parmi les spectacles et événements que vous ne voulez pas manquer.