Salad Days, le récent album composé et réalisé par Mac DeMarco, est arrivé comme un petit miracle le 1er avril dernier alors que mes oreilles s’étaient lassées d’entendre tant de propositions musicales synth-pop ou shoegaze offertes durant l’hiver. Enfin, un projet hors de l’ordinaire pour accompagner ce début de printemps tant attendu!

Le multi-instrumentiste de seulement 23 ans en a fait craquer bien d’autres avec son surf-rock lo-fi aux accents psychédéliques et ses textes à la fois profonds et sans prétention. Autant la presse mainstream qu’indépendante applaudit le talent et l’audace du Canadien basé à Brooklyn, qui a d’ailleurs élargi sa horde d’admirateurs grâce à ses 11 nouvelles chansons, entraînantes même si mélancoliques.

 

Le spectacle lève, tombe et se relève à la SAT

Après avoir écouté en boucle Salad Days et avoir visionné toutes les vidéos et interviews de l’artiste sur YouTube durant une semaine (on est fan ou on ne l’est pas), j’étais toute heureuse d’être contente d’assister à son spectacle à la Société des Arts Technologiques, le 6 avril. À voir l’interminable file qui longeait le bâtiment, je n’étais pas la seule Montréalaise à être excitée par l’occasion.

Il a fallu attendre patiemment les deux prestations des bands en première partie, Juan Waters et Amen Dunes (assez ordinaires, merci), avant qu’arrive sur scène le seul et unique Mac DeMarco, accompagné de ses trois musiciens. Avec son drôle de sourire découvrant une craque entre ses incisives qui ajoute à son charme, l’étoile montante de la scène indie a livré la chanson-titre de son récent album. Déjà, on pouvait sentir les effluves de joints et de cigarettes surgir du public, prêt à se laisser porter par l’étrange composition « Freaking Out the Neighborhood », issue de l’album 2. Un bon début, si on oublie la piètre qualité du son, qui rendait presque inaudibles les paroles.

Avec son charisme et son humour déjanté, Mac DeMarco a réussi à faire oublier les pépins techniques à une bonne partie des spectatrices et spectateurs. La preuve: on pouvait voir des brassières s’envoler et des personnes courageuses se lancer de la scène à la foule, avec un petit élan donné par le musicien lui-même! Body surfing, torses nus et seins à l’air, on peut dire que le chanteur-guitariste a réussi le tour de force de créer une ambiance de festival dans la petite salle de la SAT. Pourtant, lui-même semblait moins en forme que lors de ses spectacles mis en ligne, jouant avec peu de conviction «Blue Boy » et « Ode to Viceroy ». Heureusement, il s’est réveillé de sa torpeur désinvolte pour livrer avec force les morceaux les plus populaires de son dernier disque, « Passing Out the Pieces » et « Chamber of Reflection ».

Trop à jeun pour ne pas remarquer le son ignoble craché par les haut-parleurs, j’ai trouvé l’ensemble du spectacle à la SAT un brin décevant. Même si j’aime d’amour (oui, le pléonasme s’impose!) Salad Days, j’estime que Mac DeMarco a encore du chemin à faire côté prestation live pour se mériter le titre de « Lou Reed des temps modernes » que lui donnent certains fans.

– Edith Paré-Roy