L’an 16 est définitivement l’an de grâce des membres d’Alaclair Ensemble : après le récent succès de Frères cueilleurs, sans compter les autres projets parallèles d’Eman, Vlooper, Ogden, Maybe Watson et Claude Bégin, c’est au tour de KNLO de briller en solo.

On a droit à un record aux effets antianxiolitques, bourré d’énergie musicale et de « pioupiou » solaire pour passer à travers l’automne et un premier album rap officiel très montréalais avec une forte portée sociale, qui se détache de l’abstraction des précédents mixtapes de l’artiste.

Au premier coup d’œil sur la pochette aux couleurs de « Sesame Street », et appréciant d’avance la voix sympathique et cartoonesque de KNLO, j’appréhendais le côté ludique de l’album. Connu par ses fans comme l’un des piliers du « pioupiou bas-canadien » avec sa série d’albums instrumentaux les « Craqnuques », les projets de KNLO en solo mettaient jusqu’à maintenant l’accent sur le beat et son aspect expérimental. Avec Long jeu, je me réjouissais à l’idée d’entendre un peu plus de ses précieux verses.

Soleil et passages nuageux sur Hochelag’

Long jeu est sans conteste un album aux vertus thérapeutiques qui « recrinque » le moral. L’intro m’a à la fois charmée et déstabilisée avec son côté enfantin. « L’arbre tombe toujours du côté qui penche », des paroles que KNLO a héritées de son grand-père et des mots qui l’ont soutenu moralement à travers les périodes plus difficiles de sa vingtaine. « Maintenant, je vois cette phrase-là comme une leçon de vie, quelque chose qui veut dire “ce que tu fais, c’est ce que tu deviens” », a-t-il confié à Laurence Dauphinais de BRBR.

Ce petit mantra s’est incrusté dans mon cerveau conjointement avec « Soleil ». « Awaille, réveille, arrête d’attendre ton simonac de jour de paye », des paroles entrainantes qui invitent à cesser de se morfondre et de se laisser écraser sous le poids du quotidien. Avec humour, KNLO dédramatise les travers de la société moderne et l’insatisfaction innée qu’on a en chacun de nous. Le rythme et les paroles de la plupart des tracks donnent l’effet d’un xanax qu’on s’insèrerait par l’oreille et qui répéterait « take it easy » en boucle à nos neurones!

Bien qu’il soit essentiellement groovy et joyeux, l’album n’est toutefois pas dépourvu de nuances mélancoliques. Tandis que la vaporeuse chanson « Coquillages » aborde la misère des jeunes adultes, « Merci », en collabo avec Eman, retrace les réalités et les impasses de la création musicale.

Montréal est aussi un thème central de l’album et KNLO partage son enthousiasme de revoir Hochelag’ sur les tracks « Avenue » et « Ville-Marie ». Le portrait de la métropole qu’il dépeint est assez sombre dans l’ensemble, mais dévoile en contrepartie son attachement pour la ville et sa forte influence sur sa musique. Montréal est aussi le personnage principal du court métrage L’an 16, un teaser artistique qui donne un bel aperçu de l’album et de l’univers créatif de KNLO.

Pour bénéficier de tous les bienfaits de l’album au maximum, ne manquez pas le spectacle de lancement montréalais à la Vitrola le 20 octobre!

– Roxane Chouinard

—–

Date de sortie : 21 octobre

Étiquette : Disques 7ième Ciel