tour de Lone survivor, même si on avait l’impression d’avoir droit à un autre film de guerre générique quand on jetait un coup d’œil à son casting, synopsis et réalisateur (Peter Berg, l’homme derrière Hancock, Very bad things et le spectaculairement mauvais Battleship). Mais quand on regarde le projet de plus près, il y a plusieurs éléments très intrigants qui semblent le sortir hors du moule hollywoodien.

Basé sur les mémoires de Marcus Luttrell, qui a collaboré de près à la production, le film retrace une mission militaire en Afghanistan visant à éliminer un haut dirigeant taliban. La mission tourne mal et la situation des quatre membres de la SEAL team se trouvent rapidement dans une situation désastreuse. L’adage selon lequel la réalité peut être plus étrange que la fiction se trouve ici vérifié: l’histoire prend un tournant tellement surprenant, qu’elle semble avoir été écrite pour un film.

Le générique du début s’avère être une ouverture en force: on est mis en face des vidéos d’archives montrant de véritables entrainements des SEALS, ce qui devient une mise en contexte plus puissante que n’importe quel montage d’origin story qu’on aurait pu mettre à la place. La première partie du film suit la routine des militaires avec leurs réveils, leurs jeux compétitifs et leur complicité à la fois taquine et mesquine. L’aspect presque documentarisant réussit à capturer la vie des soldats quand il ne se passe rien, sans sombrer dans l’anecdotique. On a parfois droit à des images assez mémorables, comme l’épreuve de danse sur du Jamiroquai.

L’action est filmée avec tout autant de réalisme, sans abuser de la caméra à l’épaule comme sait le faire Paul Greengrass. Le scénario est bien filé, les dialogues convaincants, quand il y en a, et la réalisation est bien appuyée, même s’il y a quelque fois de l’abus dans l’utilisation des ralentis. Lone Survivor est un film de guerre rafraichissant, surtout compte tenu de ce qu’on a eu dans les dix dernières années. Il n’y a pas de dénonciation antimilitaire à la Full Metal Jacket, pas de lyrisme ou de réflexion profonde sur la nature humaine comme dans The Thin Red Line et Apocalypse Now, seulement un récit peu commun observé avec rigueur et minutie. C’est tout aussi bien.

– Boris Nonveiller