Ce mardi 28 octobre, le Théâtre Outremont accueillait la première du classique québécois Les Voisins, mis en scène par Frédéric Blanchette.

Ah, la banlieue! Royaume de la haie taillée avec orgueil et de l’asphalte plus propre que chez le voisin. Là où parler pour ne rien dire, mais surtout pour médire, est le sport par excellence et où l’on préfère regarder ce qui se passe chez le voisin que de vivre sa propre vie.

Si on ajoute à cette mine de clichés le contexte des années 1980, où le mâle québécois moyen, menacé dans son rôle de maître de la maison, semble sentir le besoin de rabaisser devant les autres sa douce moitié, mais de dire : «oui ma mie» une fois à la maison, on obtient : Les Voisins.

J’en vois déjà grimper dans les rideaux et s’insurger contre tant de machisme. Rassurez-vous, personne ne fait bonne figure dans cette histoire. On a tous l’air d’une belle bande de colons. Le fait est qu’il ne faut pas aller chercher trop loin : il n’y a pas de discours politique sous-jacent ou d’idéologie camouflée dans les échanges, que de la caricature et de l’autodérision.

En fait, des personnages aux décors, en passant par les expressions, Les Voisins rappelle beaucoup La Petite Vie, mais en moins drôle et moins approfondi. Pour la défense de la pièce, qui demeure un classique, elle a été écrite avant la série culte, mais elle a également moins bien vieilli.

Combler du vide par du vide. Tel est le propos de la pièce et ça a été bien rendu, mais il manquait à mon sens d’énergie pour pallier ce vide justement. La première partie, composée de tableaux, avait l’avantage d’être rythmée et «punchée», mais après l’entracte (non nécessaire) et face à ce qui devait consister en la pièce de résistance, le charme était rompu. L’énergie semblait moins présente et le public se retrouvait soudainement dans la même position que les personnages : il avait hâte que ça finisse. Peut-être était-ce l’objectif visé, mais entre nous, je ne vois pas l’intérêt…

J’éprouve un mal fou à parler contre cette pièce que j’ai si souvent lue et appréciée. Peut-être est-ce une question de dosage, peut-être en est-ce d’attentes trop élevées.

Cela dit, j’étais au balcon et loin de l’action. Au parterre, ça s’époumonait comme ce n’est pas permis… il fallait sûrement être là!

Vickie Lemelin-Goulet

Les Voisins, de Claude Meunier et Louis Saia dans une mise en scène de Frédéric Blanchette, est présenté au Théâtre Outremont les 28 et 29 octobre 2014.