Sylvie Nicolas que l’on connaît d’abord pour sa poésie, nous arrive cet hiver chez les Éditions Druide avec un récit qui n’est pas sans rappeler son côté lyrique, mais qui s’installe davantage dans le récit que dans le vers.

Une femme se souvient et relativise. Des souvenirs de jeunesse : des petits rien, des  évènements marquants sont ravivés par une valise, puis une autre. Toujours entre deux valises, époques ou amours, la narratrice vous fait voyager de la ville à la campagne et sa mer houleuse, par le biais d’anecdotes qui à votre insu tissent un récit bien ficelé.

Jouant sur la notion de fausses archives, Les Variations Burroughs se construit autour des thématiques du souvenir, de la séparation et de la souffrance.  S’adressant tantôt à son frère, tantôt à son ancien amoureux, tantôt à sa mère, mais toujours à elle-même, la narratrice s’entoure d’un voile mystérieux. Qui est-elle? Si l’on apprend à la connaître via son passé, lointain et récent, on ne sait pas trop où elle désire se rendre.

Des individus et des œuvres marquantes de sa vie sillonnent l’œuvre, certains mieux cachés que d’autres et ajoute à la complexité de cette œuvre qui tangue entre deux eaux. Même si l’on sent une extrême minutie dans le récit, la lecture demeure fluide et agréable. Seul bémol : à travers toutes ces pistes et «intrigues», je n’ai jamais senti une curiosité m’envahir outre-mesure en ce qui a trait à la suite des choses. Je me suis laissée guidée, sans trop me questionner, un sourire à la fois.

Nicolas, Sylvie. Les Variations Burroughs. Les Éditions Druide. Montréal, 2014.

Vickie Lemelin-Goulet