Photo : gracieuseté du groupe

Oubliez les rigodons quétaines de la Soirée Canadienne d’antan! La musique Trad fait un retour remarqué ces temps-ci sur les scènes québécoises et il semble qu’elle attire de plus en plus d’adeptes. On n’a qu’à penser au concept du Chasse-balcon qui fait l’unanimité en ce moment pour reconnaître que la tradition se poursuit auprès des jeunes et moins jeunes.

Plusieurs petits groupes swignent la compagnie et s’inspirent des chants et danses traditionnels. Parmi ceux-ci, on découvre une belle relève en Les poules à Colin dont le style chevauche différents genres musicaux : jazz, folk, pop, classique, rock, pour un son personnel et unique.

Mais qui sont ces poules?

Les Poules à Colin, ce sont cinq jeunes musiciens traditionnels dont les parents sont également musiciens et amis. Entourés de folklore depuis leur enfance, Béatrix Méthé, Sarah Marchand, Éléonore Pitre, Marie et Colin Savoie-Levac ont décidé de former un groupe alliant la musique folk et traditionnelle en 2008.

En 2009, Les Poules à Colin remportent le premier prix du concours « Young Tradition » au Vermont avec leur album démo Annabel qui comporte sept compostions et a été réalisé par Paul Marchand, grand artiste de la musique traditionnelle québécoise.

Depuis, ils cumulent les festivals de musique traditionnelle au Québec. Lauréats d’une bourse pour la relève lanaudoise en 2010, ils enregistrent leur premier album professionnel, Hébertisme nocturne, et gagnent le Prix de la culture Desjardins en septembre 2010.

Tout récemment, Les Poules à Colin ont été parmi les cinq finalistes du Micro d’art, aux côtés d’Hugo Lapointe et de David Jalbert.

Le son de leur dernier album, Ste-Waves, en ressort beaucoup plus mature et travaillé qu’à leur premier album, Hébertisme nocturne. À la fois festives et sombres, les compositions originales des Poules à Colin gagnent à être reconnues au sein de l’entreprise musicale.

Tout en douceur, les mélodies s’enchainent comme musique d’ambiance, musique de fond, un vent en perpétuel mouvement.

Des poules uniques et originales

La première pièce de l’album, Ti-Mé, est jazzée et la merveilleuse voix de Béatrix unie au piano de Sarah donne un ton sobre et intime comme porte d’entrée aux Poules.

Ste-Waves traverse l’imaginaire sur les cordes d’un violon que l’on devine imprégné d’histoires personnelles. La voix de Béatrix donne la chair de poule (oui, on en revient aux poules). On a l’impression d’avoir la tête sortie de la fenêtre d’auto, hymne à la liberté, besoin de respirer, comme une aventure toujours plus appréciée malgré les bourrasques sur notre route.

Impossible de ne pas taper du pied et de demeurer immobile lorsqu’on entend La suite de Mme Bovary, composée par Béatrix en l’honneur de Colin (oui, oui LE Colin des Poules!) Tout notre corps veut se dégourdir et danser au son d’un violon endiablé qui rendrait la bonne humeur à n’importe quel septique envers la musique traditionnelle.

La Fleur du bois, chanson de La Louisiane et interprétée par Sarah Marchand, est l’alliage mystique du traditionnel antique et d’un vent de nouveauté. La voix de Sarah comporte une part de profondeur difficile à décrire, car il faut s’en imbiber personnellement pour une découverte accentuée.

Tout au long de la mer, raconte une histoire de ménage, entre ombre et lumière. La guitare électrique d’Éléonore, le bouzouki de Colin et notre historique personnel font de cette mer une longue traversée vers l’amour absolu.

L’Écolier, raconté par Sarah, sombre, pleine d’espérance, un piano, sa voix en écho de vie, nous ramène à nos sources d’inspiration. On ne peut qu’aimer se faire chanter son histoire.

Les Poules à Colin n’ont rien de « copier-coller » sur les autres groupes du même genre. Leur musique ainsi que leurs interprètes déploient leurs ailes au sein de mélodies uniques et originales.

Colin-maillard

Impossible de ne pas se laisser toucher par Les Poules à Colin. Leurs thèmes musicaux parfument notre journée et animent nos soirées.

L’interlude, composition collective qui marie à la perfection instruments à cordes et percussions, sonne tout en douceur. Les yeux fermés ou à mi-clos, on ressent toute la complicité des membres qui communiquent avec leur instrument.

Général Béa, composé par Colin, sans paroles, que musique pour décrire les émotions, déploie son amitié, sa grande complicité envers son amie Béa. Authenticité sans pudeur et oh combien charmante!

Avec Breakfast at the Méthé’s, on retape du pied, le violon repart de plus belle et ouf. Béatrix sonne plus rock, plus pop, au milieu d’un trad rythmé.

Paul et No.4 sont des compositions entièrement musicales. Les mots ne peuvent rien exprimer de plus que les sons.

Je vous invite donc à aller à la rencontre des Poules sur leur site internet ou encore lors de leurs prochains spectacles. Profitez-en pendant qu’on a encore la chance de les avoir dans notre belle province, car avec ce talent, ils risquent fort de sortir de leur basse-cour!

Élizabeth Bigras-Ouimet

CONCERTS PROCHAINS :
10 juillet, Vancouver Island Music Festival, Comox, Colombie-Britanique
13 juillet, The Butchart Gardens, Victoria, Colombie-Britanique
14 juillet House Concert, Qualicum Beach, BC
23 juillet, Divan orange, Montréal