Après son cycle Glorieux Printemps, Sophie Bédard nous revient enfin, toujours pour nous entretenir du laborieux passage à l’âge adulte, avec Les petits garçons.

Malgré le titre, il ne faudrait cependant pas croire qu’il s’agit d’une histoire d’amour, puisqu’en fait, l’autrice se penche davantage sur les batailles identitaires menées dans la vingtaine, en particulier en ce qui concerne les amitiés. Un an après s’être poussée en voleuse, Nana débarque chez ses deux amies et ex-colocataires, Lucie et Jeanne. Débutera le délicat inventaire de ce qui est resté de leur amitié afin de savoir si une guérison est possible.

Avec son trait efficace et sobre, tantôt minimaliste pour mettre l’emphase sur un état ou un punch, tantôt obsédé par le détail afin de mieux cerner un environnement, Sophie Bédard porte un regard bienveillant sur les essais, les échecs, le besoin de trouver sa vérité et autres revers qui peuvent jalonner les premières années de la vie adulte. L’humour mordant capture bien les malaises et célèbre les personnages dans toute leur imperfection, permettant de transposer les pages de la bande dessinée dans nos propres expériences.

Un scénario à la structure simple, inspiré de la comédie de mœurs, qui dresse un portrait juste et sans prétention de la vie.

Les petits garçons, Sophie Bédard, Éditions Pow Pow, 2019.