Cette semaine, le ciel gaspésien a brillé plus fort que les autres temps de l’année, et le meilleur moyen d’en profiter était encore de rester cloîtré dans une salle bien chaude.

(Hein ?? Qu’est-ce qu’il raconte, le Français ?)

Expliquons-nous. Vendredi soir a marqué la soirée de clôture des Percéides. Non, pas la pluie d’étoiles filantes (qui de toute façon est déjà passée, si tu voulais emballer ta belle romantiquement, il faudra repasser l’année prochaine), mais le Festival international d’art et de cinéma de Percé, qui prend son essor, puisque c’était la 5e tournée qu’on nous servait cette année.

Trois jours de festival, de visionnage de films, de rencontres avec les réalisateurs, les acteurs, les membres du festival, le tout à côté de Percé, avec un temps juste assez nuageux pour ne pas nous faire regretter de nous enfermer dans les salles obscures.

Je dois avouer que l’éclectisme et la qualité de la programmation ont largement favorisé ma production de bave : The Venice Syndrom, Sarah préfère la course, Le Météore, La Cinquième Saison, Corno, j’en passe et pas des pires, le tout entrecoupé de courts-métrages aussi divers et variés que L’esprit de la Saint Jean, Les Vestiges, Tiger Boy, et Ta Av Mig (là, j’en passe encore plus, on en a recensé une quinzaine). Du court, du long, du drôle, du poignant, du romantique, du sombre, du tragique … Diversité impressionnante, à tel point qu’il a été difficile de reprendre son souffle entre des œuvres aussi intenses.

Le directeur François Cormier a voulu ne pas s’arrêter à un schéma bête et méchant du style « visionnage de films – délibération – remise de prix – dégustation de bières tièdes – retour à la maison ». Sa vision est plus large : les principaux protagonistes du festival ont pu être approchés de très près lors des projections ou de la matinée d’entrevues avec le public, ce qui a donné lieu à de belles rencontres.

Ainsi Chloé Sainte-Marie, chanteuse de son état, s’est vu bombarder présidente du jury et a pu donner libre cours à sa naturelle et communicative bonne humeur tout au long du festival. Elle et les autres membres du jury, Danny Lennon (spécialiste montréalais du court-métrage, et initiateur du projet Prend Ça Court), et Diane Dupuis («Mais arrêtez de dire que je suis cinéaste, je n’ai plus fait de films depuis 1966 ! ») ont soigneusement décortiqué les films (je peux en témoigner, je suis actuellement en wwoofing chez Diane) pour accoucher du verdict final suivant :

  1. Prix du meilleur film “international”: La Cinquième Saison de Peter Brosens et Jessica Woodworth, Belgique, Pays Bas, France,

  2. Prix du meilleur film Canadien: Le Météore de François Delisle, Québec. Mon coup de cœur personnel. Une œuvre magistrale, très esthétique et originale dans sa forme. Profond, marquant, lourd, poignant, sobre. A voir absolument. Il sort bientôt, courez-y. Courez-y !

  3. Prix du meilleur film gaspésien: Gaspé Cooper d’Alexis Fortier Gauthier,

  4. Prix du meilleur court-métrage: Le Fjord des baleines de Gudmundur Arnar Gudmundsson, Danemark-Islande,

  5. Mention spéciale pour Claude Allard: Le regard vers l’autre d’Andrée Allard.

Le festival s’est tranquillement achevé en sirotant une merveilleuse rousse de la microbrasserie attenante Pit Caribou dans la salle de projection (elle est pas belle la vie ?) devant une projection des meilleurs courts-métrages entrevus lors du 17e festival de court-métrage du Saguenay, qui s’est déroulé en mars dernier.

On souhaite à François Cormier la même réussite pour son festival. Le professionnalisme, la convivialité, la bonne humeur et l’amour évident du cinéma ressenti chez lui, mais aussi dans le jury, chez les invités et le public constituent de bien beaux indicateurs pour que cette prédiction se réalise.

Alors à l’année prochaine, les Percéides, et encore bravo !

– Jack Cartyeah