Les Hay Babies

C’est dans le cadre du Festival Vue sur la relève que nous sommes allées faire un tour au Cabaret du Mile-End hier soir. Même pas le temps de prendre une bière (blâmons le manque de stationnement dans le quartier) que déjà, la directrice artistique du festival, Marie-André Thollon, montait sur scène pour nous présenter les groupes à l’affiche : Les Passagers, Les Hay Babies (hihaah!) et Gratte-ciel.

 

Les Passagers

Les Passagers, avec leurs chansons indie pop aux accents nostalgiques, ont réussi à instaurer une ambiance légère. S’accompagnant, se répondant ou se laissant toute la place, Andréanne Muzzo (également claviériste) et Nicolas Ferron Geoffroy (guitariste) nous ont livré leurs textes touchants certes, mais parfois parsemés des clichés faciles des débuts de l’écriture. Si certaines erreurs vocales se sont faufilées à travers l’interprétation rafraîchissante des deux chanteurs, les musiciens (Antoine Ferron Geofroy à la basse, François-Pierre Poirier au clavier et Liam Killen à la batterie) ont réussi à couvrir ces moments moins « mélodiques ». En tout et pour tout, une performance intéressante qui rappelait les tourments de la fin de l’adolescence. Si la formation n’est pas à notre avis LA découverte du festival, elle mérite tout de même d’être suivie. Car le potentiel y était. Pour les intéressés, le groupe sortira son premier EP le 21 mai prochain Ô Patro Vys.

 

Les Hays Babies

Après un court entracte, c’était au tour des Hay Babies de présenter leur indie-folk des quatre coins du Nouveau-Brunswick. Habituées de se produire dans des endroits inusités (Noël dans le parc, une grange, un ascenseur, etc.), les musiciennes semblaient tout aussi à l’aise au Cabaret du Mile-End. C’est avec leur accent charmant que Vivianne Roy, Katrine Noël et Julie Aubé ont commencé leur tour de chant. Nous avons eu droit à quelques chansons de Folio, l’EP sorti en juillet 2012, dont les excellentes « La Bear Song »; « Obsédée », qui a éveillé des cris d’enthousiasme dans la foule, et « On ne reviendra plus en courant », chanson touchante écrite par Vivianne, qui raconte son deuil de l’enfance.

Chanceux que nous sommes, nous avons aussi eu droit à quelques chansons de l’album à venir! Julie nous a offert « Néguac and back », pièce abordant sa vision de l’exode rural. « Parce que ça me fait quelque chose! L’exode rural, c’est rendu aussi populaire que Facebook dans mon coin! » Sans fausse note, les Hay Babies ont terminé leur performance avec « Fil de téléphone », chanson exprimant la difficulté d’entretenir une relation à distance. Fin douce-amère pour les spectateurs. Parce que si le succès en musique est aujourd’hui une bénédiction, il implique aussi une certaine solitude : « On a toujours des relations à distance parce qu’on n’est jamais à la même place! » Si vous êtes attirés par l’univers de ces musiciennes, vous pourrez les voir (ou revoir) à la finale des Francouvertes le 13 mai prochain au Club Soda.

 

Gratte-ciel

Méchant défi que de succéder aux Hay Babies et leur performance impeccable, donc! S’ils se sentaient petits dans leurs shorts, les membres de Gratte-ciel n’ont rien laissé paraître : confiants et visiblement heureux d’être sur scène, ils ont livré sans hésiter « La curve », une pièce folk aux paroles à la fois comiques et deep, tout à fait à l’image du projet. « Comment tu pognes la curve / Dans les tournants de ta vie? / Pis quand tu vois le mur / Fonces-tu drette dedans? », a chantonné Guillaume Duchesneau, le charismatique guitariste qui a également fondé le band. C’est pendant un voyage que l’idée lui est venue de mettre en musique ses réflexions, ce pourquoi « beaucoup de questionnements jutent dans les chansons », comme il le dit, sourire en coin.

C’est avec un mélange de folk et de rock tantôt tranquille, tantôt énergique que Marc André-Pételle (batterie) et Mathieu Vigneault (guitare) ont accompagné les textes de Guillaume, tout en joignant leurs voix par moments. Après quelques pièces, Gratte-ciel a tenté de convaincre le public de se transformer en chorale gospel le temps d’une chanson. Une initiative originale, mais qui est plutôt tombée à plat… Disons qu’on était loin de l’enthousiasme souhaité : si quelques-uns chantaient à gorge déployée, la plupart se contentaient de taper des mains ou de chuchoter les paroles. Il faut dire que certains se gardaient peut-être une petite gêne à cause du texte, on ne peut plus hippie : « La paix est un muscle / Allons au gym! » Par la suite, le band s’est bien repris grâce à la chanson toute douce « Gratte-ciel » (tiens donc!), qui explique le nom de la formation. Une prestation sympa dans l’ensemble, mais qui ne nous laissera pas de souvenirs inoubliables.

– Mélissa Pelletier et Edith Paré-Roy