On dira ce qu’on voudra, on n’a pas qu’un seul sport national.

Le hockey, c’est ben beau, je suis d’accord.

Mais pour moi, le vrai plaisir est sur la petite patinoire carrée.

Le vrai plaisir, c’est un bon match d’impro.

Avec des gags désopilants.

Avec des chandails de hockey.

Et de la bière et des nachos même, si on veut.

 

À Toronto, y’a une ligue de joyeux copains qui font de l’impro en français.

De deux semaines en deux semaines, au bar le Supermarket, ils se donnent en spectacle avec ardeur et enthousiasme.

Ce sont Les Improbables, nom approprié s’il en est un.

 

Ils sont extrêmement drôles, vous vous en doutez bien.

Mais il n’y a pas que ça.

Leurs matchs deviennent, ni plus ni moins, le rendez-vous ponctuel de la communauté franco-torontoise.

Tous ces gens qui vivent, commandent au resto et jouent à Risk en anglais, ces gens-là se rejoignent aux matchs et se lâchent lousse, en bon français et en bonne compagnie.

C’est pas juste un rendez-vous francophone, évidemment, c’est pas parce qu’on ne comprend pas tout qu’il faut se priver. Tout le monde peut y trouver le bonheur.

 

Toujours est-il que tout ça donne une ambiance extrêmement spéciale.

C’est comme une bulle de drôlerie bilingue. Un feu roulant invraisemblable. Une oasis rocambolesque.

 

À Toronto, y’a des pandas.

Y’a même mieux : un musée d’histoire naturelle avec une expo permanente sur les dinosaures.

Et, maintenant vous le savez, y’a Les Improbables.

Ça fait un beau programme.

– Anaïs Savignac