D’accord, il y a Louis-Jean. D’accord, il y a Lapointe (Pierre ou Éric ou Hugo, c’est kif-kif). D’accord, il y cette horde de nouveaux talents qui nous cavalcade le conduit auditif depuis quelques années. Dans la première moitié de 2015 seulement, on a déjà discouru des excellentes parutions de Marie-Pierre Arthur, Galaxie, Navert, Claude Bégin, Félix Dyotte, Anique Granger et j’en passe et j’en oublie. Du solide sur album et sur scène. Mais comme il faut choisir dans votre cas, et aiguillonner dans le nôtre, voici ce qu’on vous propose parmi la programmation de la 27e édition des FrancoFolies de Montréal.

Emile Proulx-Cloutier – samedi 13 juin et dimanche 14 juin, 20h30; Gesù – Centre de créativité

Réalisateur, acteur, scénariste, amoureux et papa, Émile Proulx-Cloutier trouve quand même le temps de composer des chansons et de nous les offrir avec sa voix juste assez douce, juste assez rauque, juste assez marquante pour qu’elle reste imprégnée là, quelque part au fond de notre estomac. Accompagné par son piano, le quotidien donne envie de se rouler en boule et de se laisser caresser les cheveux en le suppliant de nous raconter une autre histoire. Son premier album, paru il y a quelque temps déjà, a réveillé une part de nous qu’on ne connaissait même pas. Lui, il aime les monstres. Et nous, on l’aime lui. (Marie-Eve Brassard)

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Safia Nolin – dimanche 14 juin, 17h; Pub Rickard’s

À peine après avoir vu sa première composition « Igloo », primée SOCA au Festival international de la chanson de Granby, Pierre Lapointe a remarqué son talent et l’a illico intégrée dans sa gang de protégés. Les projecteurs sont déjà braqués sur elle avec seulement un single et un album à paraître le 11 septembre prochain. Or, elle demeure très modeste malgré l’engouement monstre du public qui la dépasse! La compagnie Bonsound, qui s’occupe entre autres de Lisa Leblanc et de Radio Radio, a remarqué son talent et l’a invité à collaborer avec eux. Avec ses 23 ans, son talent inné à la guitare, ses textes intimistes et profonds, le milieu de la musique québécoise et française accueille déjà à bras ouverts la jeune artiste originaire de Québec. Avec son style bien à elle et son talent brut, Safia Nolin sera la prochaine excentrique de la chanson d’ici à suivre dans les prochains mois et assurément pour les prochaines années! (Roxane Chouinard)

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Julie Blanche – dimanche 14 juin, 22h; Scène SiriusXM

On s’est sommairement penché sur l’œuvre ici. Elle a gentiment répondu à nos questions . Je vous dresse les grandes lignes. Julie a basculé dans la musique comme on tombe dans la marmite : à un très jeune âge, malgré soi et sans possibilité de retour à la normalité. Julie, à sa grande surprise, mais pas la nôtre, a décroché l’argent de l’édition 2014 des Francouvertes. Julie a depuis quitté les ombres longues de l’arrière-scène pour s’épanouir sous les projecteurs, forte d’un homonyme qui se classe chez nous dans le tiers supérieur du court top de l’année. Finalement, Julie est une magnifique interprète qui écrit en soufflant et compose en inspirant. C’est ce que j’ai de plus beau à dire sur le sujet. (Nicolas Roy)

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Feu! Chatterton – lundi 15 juin, 22h; Scène Loto-Québec

Quelle classe! La première, s’il-vous-plaît. Complet veston cravate et moustache trait d’union pour Arthur [Rimbaud?], le gentleman au microphone et aux mots nus m’entraînant, qui, d’entrée de jeu de quatre titres lancé à la rentrée dernière, aborde à bord du Côte Concorde, sur des guitares (aux cordes hissées par Clément et Sébastien) qui tantôt frelonnent un air un temps pestiféré, tantôt propulsationnent de nettes vagues oxygénées par une rythmique cymbalistique qui fait Feu! (tirée par Raphaël) et une basse sourdine (rehaussée par Antoine) comme déjà submergée, ce poignant hommage funèbre au ferrytalien Costa Concordia (allez, les jeunes, un peu d’actualité!). Émus d’avoir tant tangué, vous acceptez sans répit l’invitation aux déhanchements de La Malinche sur la piste, puis écoutez les confidences arthuriennes d’une franchise de journal intime lu des années après les doléances de l’adolescence, mais pas plus tard qu’À l’aube. Enfin, puisque L’heure dense, balancez les mains en l’air et rendez-vous aux Francos. Et en première partie, avec Grand Blanc, de Fauve dans le cadre du spectacle Les Nuits Fauves, le mardi 16 juin au Métropolis, dès 21h. (Jean Lavernec)

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Grand Blanc – lundi 15 juin, 23h; Scène Ford

La musique de Grand Blanc est un peu trop sombre, un peu trop froide et elle nous rappelle un peu trop l’hiver. Mais comme on a la couenne dure par ici, et qu’ils sont, avouons-le, nos français préférés du présent printemps, on a juste trop hâte de les accueillir aux FrancoFolies. Originaire de l’est de la France, Metz pour ceux qui connaissent le coin, Grand Blanc a fait paraître un premier EP à l’automne dernier. Un projet de quatre chansons où le groupe ne peut nier l’influence de Joy Division et de Bashung. Que ceux qui n’ont pas encore eu la chance d’apprécier l’électropop de ce quatuor en plein essor, commencent ici, et maintenant. En attendant le Grand moment. Et en première partie, avec Feu! Chatterton, de Fauve dans le cadre du spectacle Les Nuits Fauves, le mardi 16 juin au Métropolis, dès 21h. (Marie-Eve Brassard)

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Jérôme Minière (avec Renan Luce) – mardi 16 juin, 19h; Club Soda

C’est le genre de gars qu’on garde toujours à l’œil, curieux de savoir ce qu’il pourra bien sortir la prochaine fois. Auteur, compositeur, interprète, musicien, écrivain, acteur, artiste, réalisateur… Jérôme Minière est partout, c’est le cas de le dire. Avec onze albums derrière la cravate, dont Une île sorti plus tôt cette année – l’artiste n’hésite jamais à explorer de fond en comble. Disons le: la musique de Minière a la gueule de celle dont les créateurs n’ont pas peur de suivre leur propre chemin. Pour son spectacle aux FrancoFolies, on nous gâte en nous présentant l’artiste dans un programme double avec Renan Luce. (Mélissa Pelletier)

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Rosie Valland – mercredi 17 juin, 19h; Scène SiriusXM

Mes voisines et moi avons des goûts musicaux diamétralement opposés. Alors que surgit des murs mal insonorisés la voix criarde de Miley Cyrus, le EP sombre et poétique de Rosie Valland se fait entendre dans mon salon. Si je comprends que certaines souhaitent s’anesthésier avec de la pop bonbon, je suis plutôt de celles qui aiment gratter ses bobos sur fond de musique tourmentée. Fais-moi mal, Rosie, Rosie! Avec sa voix rauque, son style un brin décapant et ses paroles crève-cœur, la jeune auteure-compositrice a su charmer d’autres mélomanes aux tendances masochistes. La preuve? Elle a été finaliste du Festival international de la chanson de Granby en 2012 et demi-finaliste des Francouvertes cette année. Et elle a touché les cordes sensibles de plus d’un-e au party pour les 3 ans des Méconnus l’hiver dernier. En attendant de voir si Rosie Valland arrivera à se tailler une petite place parmi les grandes dames du pop-rock mélancolique (Sharon Van Etten, Laura Marling, Cat Power, Angel Olsen, Torres…), on peut écouter en boucle sa récente chanson, Rebound, moins joyeuse que We Can’t Stop certes, mais oh combien meilleure. (Edith Paré-Roy)

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David Marin – vendredi 19 juin, 19h; Pub Rickard’s

Il a des airs de Vincent Vallières et Louis-Jean Cormier, la fibre des grands compositeurs et une agilité de plume assez dure à accoter… Qui dont?  David Marin. L’auteur-compositeur-interprète, qui donne dans le folk doux et enveloppant, nous a offert À côté d’la track en 2008 et nous est revenu en 2013 avec l’excellent Le choix de l’embarras, opus réalisé par Louis-Jean Cormier (parlant du loup). Ce dernier, c’est le genre d’album simple, joliment modeste, qu’on déguste pièce par pièce, l’esprit bien en éveil. Pas question d’être attentif à moité: votre oreille sera bien vite totalement interpellée par les petits poèmes chantés de Marin. En show, c’est plus rock, plus fou, comme si l’artiste de Drummondville en avait gardé un peu pour le dessert. Et vraiment, vous risquez d’en redemander. (Mélissa Pelletier)

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Antoine Corriveau – vendredi 19 juin, 22h; Scène Loto-Québec

Les Ombres longues risquent de porter Montréal en lumière. Avec cet opus paru l’an dernier, on a l’impression que l’artiste québécois s’affranchi de ses influences même si les clins d’œil à Nick Cave ou encore Jean Leloup ne passent pas inaperçus. Ses chansons font aussi beaucoup penser à Daniel Lavoie. Le timbre de voix du jeune compositeur nous rappelle d’ailleurs celui du Franco-Manitobain. En concert, ne soyez pas surpris, car avec des titres sombres, mais néanmoins brillants, l’artiste ne fait pas dans la chanson rythmée, préférant les tempos lents qui favorisent une expérience auditive surprenante et hypnotisante. Les compositions du jeune interprète en émerveilleront plusieurs, particulièrement les amateurs de musique alternative et de chansons de fond. (Cloé Arrault)

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Lisbonne Télégramme – samedi 20 juin, 19h; Scène SiriusXM

Ô lente limpidité! C’est que Maritza Bossé-PelchatFrançois Dufault, Martin Farmer et Éric Rathé savent jouer le sang froid. Leur musique s’insinue dans le canal auditif comme une couleuvre prévenante, en lentes ondulations, sans secousses soudaines, les écailles lissées pour effleurer le tympan sans l’érafler. De quoi muer la tristesse en langueur. Ô douce sérénité!” – Les Méconnus (7 avril 2015)

On ne se répète pas. On se cite. (Nicolas Roy)

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Chocolat – samedi 20 juin, 23h; Scène Ford

Cardinal invétéré de la musique québécoise depuis bon nombre d’année, Jimmy Hunt revient sur scène avec son ancienne formation, Chocolat. Avec sa toute dernière pièce Tss Tss, on est dans une approche brutale et un rock graisseux mais raffiné et bougrement captivant. Laissons de côté le duo Jimmy Hunt et Cœur de Pirate, ce chocolat est de qualité. Vous pouvez le consommer sans modération. C’est psychédélique, garage et pour ce Burn Out qui ouvre l’opus, les garçons nous entraînent dans un tourbillon rock aux sonorités punk, avec ses rythmes et distorsions à la Led Zeppelin. Seul point négatif, la tasse de chocolat est petite, trop courte, on aimerait en avoir plus. On espère que les garçons joueront d’autres morceaux, d’autres pièces, histoire de nous régaler un peu plus. (Cloé Arrault)