Les cinq meilleurs documentaires de l’année, tous aussi bons et uniques les uns que les autres (l’ordre n’est que pure coïncidence) :


LE SEL DE LA TERRE
 de Win Wenders et Juliano Ribeiro Salgado

Juliano, le coréalisateur, retrace l’histoire de son père, le Brésilien Sebastião Salgado, un photographe humaniste. On suit l’artiste depuis les années soixante-dix jusqu’à aujourd’hui et du Brésil jusqu’en Éthiopie, en passant par le Rwanda et le Koweït (ses photos des pompiers albertains en Irak en 1991 qui tentent d’éteindre des puits de pétrole en feu valent à elles seules le détour). Son dernier projet photographique, Genesis, nous plonge en pleine nature, dans une immensité qui relativise notre importance.

Julien Fortin


SEYMOUR : AN INTRODUCTION
 
d’Ethan Hawke

Avouons que c’est parce qu’il est réalisé par Ethan Hawke que je suis allée voir Seymour: An introduction… Mais bon, ce n’est pas la raison de sa nomination dans ce top 5. Ce portrait de Seymour Bernstein est sensible, intelligent et drôle. Le pianiste est ultra-sympathique et son excentricité est filmée avec justesse. Juste pour cette scène où Bernstein fait et défait son lit, le documentaire vaut la peine.

  Maude Levasseur


L’EMPREINTE
 
de Carole Poliquin et Yvan Dubuc

L’empreinte est un documentaire audacieux de Carole Poliquin et d’Yvan Dubuc qui redéfinit les origines québécoises françaises à l’aide d’intervenants de marque, tels que l’anthropologue Serge Bouchard, la juge Louise Otis, l’historien Denys Delage et la poète Joséphine Bacon. Tous s’entendent pour affirmer que le sang des Québécois d’origine est intrinsèquement lié à celui des Premières Nations. Ce métissage, exclu de nos livres d’histoire, expliquerait pourquoi la nation québécoise a généralement une façon unique de voir les choses. Au cœur de l’œuvre, Roy Dupuis fait office de chercheur central, autour duquel gravitent les participants. Un film empreint de sagesse et d’intelligence émotionnelle qui trouve preneur chez celles et ceux qui ouvrent leur cœur à une redéfinition de notre histoire. L’empreinte permet de tendre un pont solide entre deux nations dont les cœurs battent, la plupart du temps, au même rythme et d’ancrer nos origines dans une nouvelle perspective.

Julie Lampron


LE PARADIS
 d’Alain Cavalier

Qu’on nomme le travail documentaire d’Alain Cavalier documentaire, journaux intimes filmés ou film-essai n’y change rien : c’est du sublime cinéma. Le Paradis est une douce ode à la beauté des choses, des gens. Un film d’une intelligence et d’une tendresse rares. Et on écouterait sa voix murmurée jusqu’à la fin des temps.

Maude Levasseur


CHAMELEON
  de Ryan Mullins

Avec Chameleon, le réalisateur montréalais Ryan Mullins (The Frog Princes) nous plonge dans le quotidien tumultueux du Ganhéen Anas Areweyaw Anas, corédacteur en chef du New Crusading Guide. Ainsi nous voyons le James Bond du journalisme africain prendre part à des enquêtes et des opérations d’infiltrations visant à sauver, par exemple, des femmes d’avortements illégaux perpétrés par un abuseur ou encore des enfants des griffes d’une secte. Si la force du film semble d’abord résider dans les actions héroïques commises par Anas, elle tient surtout à la capacité du réalisateur à démasquer l’homme, sa personnalité, sans jamais pouvoir nous montrer son visage. À l’instar du journaliste, Mullins réussit à s’infiltrer dans l’entourage de sa cible en lui laissant toute la place nécessaire pour se commettre; il le fait avec retenue et nuance.

  Julien Fortin

La critique de Julien