Les 5 et 6 septembre, l’École supérieure de théâtre de l’UQÀM présentait un mémoire-création signé par Germain Pitre et créé dans le cadre de la maîtrise en théâtre. Les extraits présentés étaient tirés de la pièce Les Bonnes de Jean Genet.

Comment réagiraient les acteurs si la mise en scène ne respectait plus sa partition? Si le décor changeait momentanément les forçant à repenser leurs déplacements scéniques? Germain Pitre s’est inspiré des essais du comédien, dramaturge et metteur en scène Robert Gravel sur l’état de vulnérabilité de l’acteur. Il s’est amusé à mettre en danger les interprètes, les amenant à sortir de leur zone de confort. Et le résultat est d’autant plus stimulant pour le spectateur qui saisit les nuances du texte et les diverses mises en scène possible.

La représentation se déroule en deux temps. La première entrée en scène permet aux deux interprètes d’explorer la haine mutuelle qui lie les deux sœurs. Elle respecte la mise en scène établie initialement. Durant l’entracte qui suit, le metteur en scène modifie l’espace. Quinze minutes plus tard, les actrices sont confrontées à un nouveau décor, mais aussi à des personnages extérieurs dont la voix avait été tue lors de la première version. Madame et Monsieur sont de chair et d’os, les comédiennes doivent donc modifier leurs interactions en tenant compte de ces nouveaux personnages sur scène.

À la base, Jean Genet instaure une dynamique dominante/dominée entre les deux soeurs. Les modifications apportées à la mise en scène permettent de jouer, non seulement avec les intentions parfois contradictoires des personnages, mais aussi avec les rapports de proximité et de distance. En tant que spectateur, on se sent impliqué dans ce processus de mise en danger, attendant sournoisement de voir les actrices déstabilisées, mais en l’étant nous-même aussi.

– Edith Malo

Mise en scène : Germain Pitre

Avec : Mathilde Addy-Laird et Audrée Southière