En mettant le pied dans le Salon du livre, il y avait une longue file d’attente devant le kiosque de Kathy Reichs. Les admiratrices attendaient impatiemment leur tour pour la séance de signature. Un peu plus loin c’était le même phénomène, mais cette fois, pour Michel Tremblay. Plusieurs des visiteurs ont profité de ce privilège qu’offre le Salon : repartir avec la «griffe » de l’écrivain en première page de son livre préféré !

En poursuivant ma visite, entre l’agitation du téléjournal animé en direct par Patrice Roy, la table ronde sur le livre L’Union des artistes… 75 ans de culture au Québec avec Jean-François Nadeau et Sylvie Moreau et la cérémonie de lecture publique de dédicaces du projet Livres comme l’air animée par René-Daniel Dubois, j’ai eu la chance de rencontrer quatre auteurs qui ont accepté, le temps d’une courte entrevue, de faire la tête d’affiche pour le webzine Les Méconnus !

 

Marc Séguin,

Artiste peintre et écrivain

 

 

Hollywood

Éditions Leméac


Montréal, 2012

160 pages

En attendant de voir Marc Séguin, j’ai questionné la femme derrière moi qui tenait le livre Hollywood sur sa poitrine, afin de connaître son impression sur ce deuxième livre: « Le deuxième livre est très différent du premier. Ça ressemble beaucoup à sa peinture. J’ai le même sentiment lorsque je lis son livre que lorsque je vois ses toiles ».

Lorsque mon tour est arrivé pour la séance de dédicace, j’ai nerveusement demandé à Marc Séguin :

Quelle est pour toi la différence entre le pinceau et la plume ?

La plus grande différence c’est d’être debout ou assis !

C’est beaucoup plus sensuel et plus près des sens de peindre que d’écrire. Je suis plus dans ma tête devant un écran cathodique avec des mots à organiser. Les idées demandent beaucoup d’encadrement : un début, un milieu et une fin. La peinture c’est plus éclaté et plus abstrait.

Est-ce que tu peins et écris dans une même période de temps?

Oui ! Si je suis tanné d’être debout je m’assois et j’écris !

Tant que la marmite n’est pas vide dans ma journée, je continue à faire des choses.

À quel moment de la journée écris-tu ?

J’écris le soir quand je suis fatigué. Lorsque je suis à New-York, je dors 3 heures par nuit: je travaille full pine, je brûle! Tandis que quand je suis chez moi, je m’occupe des animaux et des enfants mais pas nécessairement dans cet ordre-là !

Est-ce la peinture ou l’écriture qui s’est manifesté en premier?

La lecture est venue avant le besoin de tout. J’ai aimé lire avant de peindre et avant d’écrire. Et à un certain moment, c’est la peinture qui a pris le dessus. L’écriture est venue après. Je voulais dire autre chose et d’une autre façon. Je n’arrivais pas à tout dire avec la peinture, il me manquait quelque chose.


Serge Bouchard

Anthropologue, animateur radio et écrivain

 

C’était au temps des Mammouth laineux 

Éditions Boréal

Collection : Papiers collés

Montréal, 2012

232 pages


Pouvez-vous présenter votre livre « C’était au temps des Mammouth laineux  » aux lecteurs des Méconnus?

C’est la première fois où je m’autorise à être plus personnel dans l’écriture d’un livre. On dit que c’est un livre autobiographique. C’est peut-être pour ça que les gens l’aiment tellement ! Le livre raconte une vie, une passion, celle des voyages, du Nord, des amérindiens, des gens que j’ai perdu. Mon itinéraire est assez curieux, c’est un livre qui fait le tour d’un vaste sujet.

Est-ce un collage de vos chroniques ?

C’est la réunion des chroniques littéraires de la revue francophone de l’Université McGill L’inconvénient. Je collabore depuis des années avec eux.

Quel est votre rapport à l’écriture ?

C’est un rapport de plaisirs et de souffrances, mais surtout d’obligation. Je suis obligé d’écrire : je ne peux pas ne pas écrire. C’est une pulsion, c’est naturel. Chaque jour suffit sa peine. Je suis très discipliné.

Écrivez-vous tous les jours ?

Même lorsque je suis sur la route, j’essaie de trouver une petite période d’écriture. J’ai besoin de ça, c’est comme jouer du piano.

À quel moment de la journée écrivez-vous ?

J’écris surtout le matin. Je travaille fort ces temps-ci. Je roule, je roule. Je fais beaucoup de conférences, j’ai beaucoup d’engagements, donc j’ai plus de difficulté à tenir la discipline…mais j’écris tout le temps !

Écrivez-vous sur papier ou sur l’ordinateur ?

J’écris sur l’ordinateur. Je me suis habitué très vite. Je me sers de l’ordinateur comme d’une dactylo. Pour moi, c’est un traitement de texte. Je peux effacer et recommencer.

 

Gabor Szilasi

Photographe

Charlevoix 1970

Éditions L’Instant même

Québec, 2012

112 pages

À l’intersection d’une allée, j’ai reconnu Gabor Szilasi (il enseignait à l’Université Concordia quand j’étais étudiante) qui cherchait le kiosque #532. Mon chum s’est empressé de lui indiquer la route, et nous l’avons rejoint au détour du chemin.

Pouvez-vous présenter votre livre Charlevoix 1970 aux lecteurs des Méconnus?

Ce sont des photos en noir et blanc que j’ai réalisées en 1970 à Charlevoix. Le livre a été publié au mois d’avril à Québec aux Éditions L’instant même. Les reproductions sont extraordinaires ! Le procédé d’impression utilisé est ce qu’on appelle le « three tones » avec deux gris et un noir. De nos jours, les photos sont imprimées avec sept couleurs donc il y a toujours une petite dominante.

Pourquoi Charlevoix ?

Charlevoix est la première région du Québec que j’ai exploré en photographie. À l’époque où je travaillais à l’Office du film du Québec (OFQ), j’ai demandé une bourse à Ottawa. Ils m’ont octroyé une bourse de courte durée qui m’a permis de faire deux voyages dans Charlevoix, d’une durée de 10 jours. Il y a 5 ou 6 ans, une cinéaste d’ici, Catherine Martin, a réalisé un film basé sur ces photographies. Le film s’intitule L’esprit des lieux. Catherine a retracé mes traces dans Charlevoix, elle a suivi mes pas. C’est un film intéressant. Elle a reproduit les photos en noir et blanc et après elle a « refilmé » en couleur la situation actuelle de Charlevoix.

Avez-vous accompagné la réalisatrice lors du tournage ?

On a fait un voyage ensemble et on est retourné voir plusieurs des gens qui étaient plus jeunes à l’époque et ceux qui étaient âgés, mais malheureusement, ils sont décédés. Il y avait aussi un hôtel à Saint-Joseph de la Rive, mais il n’existe plus aujourd’hui.

Quel appareil photo avez-vous utilisé?

Ces photos ont été réalisées avec un appareil 4X5, sur trépied. Vous savez, celui avec un tissu noir sur la tête !

 

Claude Péloquin

Poète et écrivain

 

NIAGAARAA

Poésie

Éditions Michel Brûlé

Montréal, 2012

192 pages

Pouvez-vous présenter votre livre de poésie NIAGAARAA aux lecteurs des Méconnus?

NIAGAARAA? Ce n’est pas facile à avaler ! J’ai jamais écrit facilement, mais j’écris. C’est mon quatrième livre chez Michel Brûlé.

Vous écrivez à tous les jours ?

Je suis toujours à l’affût. Mes poches sont pleines de notes. Au cours des années, j’accumule du matériel et à un certain moment, je décide de faire un livre. Ce sont mes visions du monde.

Qu’est-ce que NIAGAARAA représente pour vous ?

C’est un autre coup de poing. C’est difficile à décrire. J’ai écrit des livres dans les années 70 qui étaient tout aussi incisifs. Je ne suis pas capable de répondre à ça, je ne marche pas par chronologie. NIAGAARAA, ça se défend de soi-même !

Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec Yann Perreau ?

Je viens tout juste de faire un disque que j’ai écrit au complet avec Yann Perreau. On s’est rencontré, je lui ai donné des textes et il a très bien travaillé. C’est un professionnel.

Yann Perreau a-t-il été fidèle à votre écriture ?

S’il n’avait pas été fidèle, je l’aurais mordu ! Non, non, ça très bien été, ça s’est fait de façon très smoothÀ genoux dans le désir est un très beau disque.

 

– Anik Benoit