Ce n’est pas le choix qui manquait en termes de spectacles auxquels assister pour les défricheurs de la relève électro, hip-hop et pop-rock en cette première journée de la seizième édition du Festival MEG à Montréal.

Trois ensembles de concerts se déroulaient simultanément le jeudi 24 juillet 2014, dans différents bars de la métropole, soit Les Anticipateurs, The Posterz et J.u.D à la Sala Rossa, The Driver, Milton Cralk et Pulses au Belmont, ainsi que L’indice, Pif Paf Hangover et Navet Confit au Divan Orange, en partenariat avec CKUT.

Depuis 1999, Le Festival MEG rythme chaque été le Saint-Laurent, présentant autant d’artistes de la scène locale que d’affiches internationales ; je vous invite à jeter un coup d’oeil sur la programmation ici. D’autres spectacles s’en viennent, et ce, jusqu’au 2 août.

Une soirée à la croisée de l’acoustique et de l’électrique

L’indice

C’est L’indice, projet solo de Vincent Blain, qui cassait la glace sur scène vers 21h30, avec ses arrangements de sons répétitifs et beats acoustiqu’électro envoûtants, et ses projections en arrière-plan de fonds d’écran de Microsoft Windows 98. Un choix douteux de décor, mais une voix remplie de voyages et de licornes lyriques, merveilleusement accompagnée d’un joueur de trumpet (Ha ho) (c’est écrit comme ça sur sa page Facebook), qui nous a bercée pendant une belle heure à essayer de guesser la grandeur de l’artiste.

Vous pouvez vous procurer son sympathique album Une meilleure personne sous le label Poulet Neige, comportant huit pièces qui mettent bien en valeur sa voix qui nous chante des petits mi-mi-mi-mi-mi-mi ou des hou-han-han-hou-han-han à l’oreille et nous attendrit avec ses textes beaux et gentils. Et finalement, Vincent Blain, il mesure 6’4, je lui ai demandé.

Pif Paf Hangover

Le concert de Pif Paf Hangover est celui auquel j’ai assisté qui m’enthousiasmait le plus. Le groupe est formé de Frank, Gab, Manu et Maxo, quatre garçons natifs de Montréal et Saint-Jérôme. Ils ont donné un concert super festif, mélangeant l’indie pop-rock, l’électro, avec parfois des touches de reggae. De plus, le claviériste Emmanuel Boucher avait vraiment une belle chemise. Il a aussi joué d’un instrument trop génial, un genre de piano-harmonica; ça s’appelle un mélodica, qu’il m’a dit, précisant que c’était pas très cher. Vraiment, les membres du groupe dégageaient une énergie folle; tout le monde avait l’air content. Le concert s’est terminé sur une note exaltée et joyeuse: «Merci à vouses», se sont-ils exclamés. Je les aime.

Rendez-vous sur leur Bandcamp et écoutez leur dernier album Curry Love, paru en mars 2014. J’suis sûre que vous aimerez. Écoutez en particulier « La Houle », sur leur album. Attardez-vous à la finale. Moi je trouve que la musicalité rappelle le caractère hyper instrumental de Monogrenade, et c’est bienheureux.

Navet Confit

Le dernier groupe et non le moindre à monter sur scène ce soir-là, Navet confit, nous a joué un bien drôle de tour. Moi ça m’a presque rendue folle. Étaient donc présents sur scène: Carl-Éric Hudon, à la basse et aux claviers, Lydia Champagne, à la batterie, et Jean-Philippe Fréchette, avec son beau chandail de tigre, à la guitare et à la voix. Ils ont décidé qu’ils partageaient un moment musical unique avec les festivaliers: jouer un morceau, répéter le même beat sans cesse, sans bouger et fixer dans le vide, sans émotion. C’était assez spécial. Après plusieurs longues minutes, la foule s’est mise à réagir, moi incluse: tous voulaient que quelque chose se produise, c’était bien comique. Quand la chanson s’est enfin mise à évoluer vers un nouveau rythme, le spectacle a débuté pour de bon: la musique bien forte, un premier morceau puissant qui transportait tout le monde vers une autre heure de rock très grunge.

Je vous invite à écouter LP6 – au moins, quelques personnes et/ou médias prennent encore le risque de promouvoir la diversité dans l’industrie de la musique au Québec en 2013 (Ou «si je vends pas plus que 500 copies j’arrête de faire de la musique»), paru en novembre 2013. C’est un long (et beau) nom d’album, hein ?

Bref, un show tout en lumières, et moi j’ai hâte d’aller voir Christine au Belmont samedi le 26 juillet. Allez voir la programmation du festival, c’est fou ! O.K. bye.

–   Geneviève L’Heureux