David Desjardins nous propose avec Le cœur est une valeur mobilière ses meilleures chroniques publiées entre 2005 et 2013 dans le Voir, Le Devoir et L’actualité. Les textes sont rassemblés sous trois catégories : “Politique et société”, “Culture et éducation” et “Le rien”. Ce qui frappe à la lecture de ce recueil, c’est à quel point Desjardins est un fin observateur du monde qui l’entoure, qui nous entoure.

Le genre de la chronique donne la liberté de poser un regard sur l’actualité avec un recul assez limité et c’est pourquoi les dérapages sont faciles et souvent récurrents. Mais pas avec Desjardins. Même après quelques années, les textes restent justes et magnifiquement bien écrits. Il faut dire que le sujet de prédilection de Desjardins, l’être humain, change, mais reste pareil. Il sait parfaitement exposer ses contradictions et ses malaises, mais aussi sa beauté et son… humanité.

On ressort des chroniques, tout particulièrement celles sur la société, avec un regard un peu plus neuf sur l’Homme, avec une tendance à le comprendre, et non à le juger, mais plutôt à l’accepter avec ses travers et ce qu’il a de beau. Cette sensation ne fait que s’accentuer avec les textes portant sur “Le rien” où l’on se doit de prendre quelques minutes de recul pour bien apprécier tout le sens que porte les différents textes plus intimistes.

Là où Desjardins me gagne complètement, c’est lorsqu’il parle de la culture et de la littérature, filon présent dans une grande majorité de textes. Il passe de Brautigan à Murakami, à un regard sur Star Académie ou à l’ensemble de l’offre télévisée québécoise aisément et toujours en posant un regard juste et sensé.

Je vous laisse sur cette citation, provenant du texte Rien ne vaut la vie, parlant du pamphlet Literature is freedom de Sontag « Une idée d’ouverture: celle, toute simple, que par les bouquins, nous changeons au contact de l’autre. Que les livres permettent d’ébranler nos certitudes. »

Alors, laissez-vous changer, laissez-vous ébranler.

– Elizabeth Lord

Le cœur est une valeur mobilière, David Desjardins, Éditions Somme toute, Écrits chroniques, 288 pages, 5 novembre 2013.