Crédit photo : Véronique Côté

Les bilans s’accumulent et se chevauchent. L’année musicale vous a été présentée sous toutes ses coutures, de l’album le plus savoureux à la chanson la plus tournée en boucle dans l’oreille de tel ou tel expert. Peu de ceux-ci vous auront par contre parlé du lancement d’album de l’année, événement hybride entre la promotion et la performance, généralement sous forme de 5 à 7 avec cocktail et réseautage. Certains ou certaines artistes se prêtent au jeu pour la forme, d’autres s’y jettent corps et âme et époustouflent. C’est le cas de Blood And Glass. Voici le lancement-spectacle du 18 octobre à la Sala Rossa décortiqué et ses exécutants présentés par la flamboyante Lisa Iwanycki-Moore, artiste totale derrière le projet.

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Une de mes meilleures amies, Sydney Krause, a conçu ces nuages électroniques pour notre première production Blood And Glass. Aujourd’hui, elle a sa propre entreprise, Rainbow Dream Cloud. Je les utilise toujours, car ils me rappellent justement notre première collaboration. J’ai la chance d’être entourée d’artistes visuels talentueux. On se réunit et on fait des trucs cinglés ensemble. Les oiseaux en origami sont de Natalka Prozsack, une Ukréniaine comme moi, qui porte par ailleurs le même nom peu commun que ma sœur. C’est ce genre d’artistes qui porte une attention particulière à une œuvre avant d’y apporter sa contribution. ”

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Natalka a travaillé pendant quatre jours sur cette robe de papier. Elle devait symboliser l’échec de ma relation et le deuil que j’ai eu à vivre, thème principal de l’album. Maintenant, je la vois davantage comme une image de ma féminité et de ce que j’aspire à être, en opposition à la noirceur qui m’habite parfois. C’est la fragilité. Quoiqu’au début du show, je l’ai complètement déchiré pour révéler mon look un peu plus creepy. ”

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C’est le personnage de Blood And Glass. Celui que j’appelle Phantom Limb, à la tête d’un défilé imaginaire. J’aime l’androgénie, et l’idée que les femmes peuvent être effrayantes, sans pour autant tomber dans le cliché de la sorcière. Je crois que ça représente qui je suis. Une femme forte qui raconte des histoires, les miennes comme celles des autres. C’est en partie tiré des films A Clockwork Orange, The Crow et Edward Scissorhands. En fait, je ne porte des chapeaux que lorsque je me glisse dans le rôle de raconteuse. ”

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Ces gars-là sont incroyables! Robbie Kuster (à la batterie) est sur notre album. Il est venu au studio avec un nombre incroyable de gadgets électroniques. Il m’a par ailleurs toujours intimidée. Je me suis toujours dit que ce batteur était le « real deal » et que j’aimerais collaborer avec lui. Je ne peux toujours pas croire qu’il fait partie du projet. C’est non seulement un musicien extraordinaire, c’est aussi une personne extrêmement généreuse et à l’écoute des autres. Même après une séance d’enregistrement de 12 heures, il avait toujours de nouvelles idées à soumettre. François Lafontaine (aux claviers), qui s’est joint à nous pour la scène, est lui aussi une machine à idées. Je dois utiliser le terme génie musical pour décrire ces deux-là. Ils ont vraiment donné une autre dimension à nos chansons. D’ailleurs, cette photo représente bien ma conception de la musique. C’est comme jouer au baseball. On ne se lance pas la balle les yeux fermés. On se regarde et on se parle souvent durant le spectacle. ”

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Marie-Pier n’est pas sur l’album, mais j’espère pouvoir travailler avec elle à l’avenir. François et elle forment un « power couple » (rires). C’est la première fois que je chantais avec elle à l’extérieur des Dirty Martinis, un trio de choristes complété par Erika Angell du groupe Thus Owls. La voix de Marie-Pier est tellement claire et parfaitement posée. J’ai été honorée par sa présence. ”

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Joe Yarmush du groupe Suuns. Quand on a su que Simon Angell, qui a enregistré les pistes de guitare sur l’album, ne pouvait se joindre à nous, Morgan (Moore) a immédiatement suggéré que Joe nous accompagne. Il est revenu de tournée quelques jours avant le lancement et a participé aux dernières répétitions sans son équipement qui était toujours à Istanbul. C’est un artisan du son de premier plan, capable de nous ébranler avec un seul solo. ”

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Mon mari, Morgan Moore. Un des meilleurs bassistes à Montréal. Il a produit l’ensemble de l’album. Et je n’ai jamais vu quelqu’un travailler aussi fort. On s’est rencontré dans un bar je crois, par amis interposés, et quand je lui ai parlé de mes projets solos, il m’a demandé de lui envoyer mes ébauches. Il a refait toutes les pistes de basse. Ça m’a jeté par terre. Peu de temps après, on tombait amoureux. Au départ, je n’étais pas vendue à l’idée de former un groupe avec mon conjoint. C’était contre mes règles. C’est Morgan qui m’a convaincue qu’il n’y avait pas de règles. ”

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Propos recueillis et traduits pas Nicolas Roy