Depuis le 3 octobre, le Théâtre de L’Opsis présente La Resistenza, un texte d’Olivier Kermeid traitant, comme votre instinct infaillible vous a porté à en déduire…. de la résistance et, plus précisément, de la résistance en Italie.

Ceux qui me lisent, ne serait-ce que par épisodes, n’ont pas manqué de noter chez moi un goût pour la revendication, pour l’engagement. J’aime les frondeurs, ceux qui font passer leurs messages et leurs idéaux par le biais de la création, aussi quand j’ai su que cette pièce se tramait, je VOULAIS y assister.

Six interprètes, une barricade de chaises, des citations par dizaines et je passe le contexte, parce que la pièce s’en charge suffisamment comme cela. Un contenu éloquent et des interprètes talentueux (malgré que les balbutiements se soient multipliés dans la représentation à laquelle j’ai assistée) n’ont cependant pas suffi à venir chercher la révoltée en moi. «Verbeuse» est le premier adjectif qui m’est sorti de la bouche à la traditionnelle question : «Pis, comment t’as trouvé la pièce?», après que j’ai quitté la salle.

La Resistenza, est un hommage à ceux qui se sont levés, qui ont fait place à l’adversité et qui ont pris la parole face aux Fascistes, aux Brigades Rouges, aux inégalités sociales causées tantôt par l’élitisme, tantôt par la corruption ou encore par le curieux mélange des deux en lequel consiste la mafia. À ces gens qui avaient quelque chose à dire et qui l’ont dit dans l’espoir de faire évoluer les choses. à ces personnes qui suggéraient un mouvement.

Résistance : n.f. Action de résister physiquement à quelqu’un, à un groupe, de s’opposer à leur attaque par la force ou par les armes. Action de résister à une autorité, de s’opposer à ce qu’on n’approuve pas. Capacité de quelqu’un à résister aux épreuves physiques ou morales, d’un être vivant à résister à des conditions de vie extrêmes. Force qui s’oppose au mouvement dans un fluide. Propriété d’un matériau de résister aux effets d’un agent extérieur.

La résistance implique à tout coup une action, un mouvement ou une force, mais, ici, on se contente de constater, de relater. On demeure figé dans l’évidence que la situation actuelle est  inadmissible.

On peut attribuer le côté statique à une tentative de métaphore pour exprimer l’impuissance de ces gens face à «la machine» ou le fait que l’on ne fasse que citer ce que ce qui a déjà été dit sur le sujet, mais il reste que quand je vais au théâtre, je veux que le fait d’être là m’apporte quelque chose que je n’aurais pas eu à la simple lecture du texte et, ici, cela n’a pas été le cas.

Au final, mes attentes étaient peut-être trop élevées… et j’aurai quand même reçu un cours d’histoire de l’Italie au passage…

La Resistenza est présentée jusqu’au 19 octobre à la Cinquième Salle de La Place des Arts.

– Vickie Lemelin-Goulet