Dans le cadre de la 19e journée mondiale du livre et du droit d’auteur, un match spécial de la LNI en hommage à Claude Robinson s’est tenu le 23 avril au Club Soda. Le cofondateur de la LNI, Yvon Leduc, désirait célébrer, à la fois la décision de la Cour Suprême, mais également le créateur de Robinson Curiosité pour sa ténacité, son courage et sa détermination dans l’affaire l’opposant à Cinar. Plusieurs artistes se sont sentis concernés par la lutte que Claude Robinson aura maintenue pendant près de 20 ans. Ainsi inspirés, les «Rouges» et les «Bleus» se sont livrés un duel cocasse pour témoigner leur reconnaissance à ce grand homme.

«Les vœux que l’on fait, les fleurs que l’on sème
/Chacun les récolte en soi-même». Gilles Vigneault fut le premier à bondir sur la glace afin de réciter son «Gens du pays» à Claude Robinson. Un moment touchant où les spectateurs fredonnaient en chœur : «Claude Robinson, c’est votre tour de vous laisser parler d’amour». Marc Hervieux a poursuivi avec une version humoristique de l’hymne national.

Pierre Carrier, président du conseil d’administration de la LNI, a également offert un vibrant plaidoyer, comparant Robinson à la civilisation tandis que Weinberg serait l’exemple de la barbarie. Un «bubble head» avait été confectionné à l’effigie de l’auteur. «À une autre époque, les figurines permettaient aux princes de devenir éternels», précise Monsieur Carrier. Enfin, il a conclu son discours avec une métaphore. Claude Robinson, tel un navire traversant vents et marées atteint le port et s’y accoste afin de demeurer un phare pour la société.

Et le match lui? L’équipe des «Rouges» (les Légendes) était dirigée par Guylaine Tremblay alors que celle des «Bleus» (les Étoiles) était coachée par Benoit Chartier. La première étoile fut remise à Jacques L’Heureux (qui ne perd pas ses réflexes d’improvisateur émérite) alors que les deux autres à Charles Lafortune et Sophie Caron.

Des échanges loufoques ainsi que des revirements de situation eurent lieu, sans pour autant négliger l’invité d’honneur, Claude Robinson. Je pense à Salomé Corbo qui, sous le thème du plaidoyer, dénonçait le plagiat avec les mots naïfs et l’innocence d’un enfant.

Bien que les deux équipes se soient disputées un match serré, ce sont les «Bleus» qui l’ont emporté en prolongation. Ce match fut commenté par Christian Vanasse et le maître de cérémonie, Nicolas Pinson alors que le bédéiste Mario Malouin illustrait les échanges avec une pointe d’humour.

Claude Robinson s’est vu remettre une mention honorifique par l’Institut de la confiance dans les organisations ainsi que 11 associations d’artistes du Québec et du Nouveau-Brunswick. Ils ont ainsi souligné son travail et son engagement pour la défense des droits d’auteur. Comme l’indique Claude Robinson: La décision de la Cour Suprême «fera jurisprudence au bénéfice de tous les artistes, les auteurs et les créateurs. »

Les profits amassés lors de cette soirée seront affectés à la réalisation d’un projet avec et pour des jeunes provenant de milieux défavorisés.

-Edith Malo