On ne pourrait pas qualifier cela de performance, de théâtre ou même d’éducation, si ce n’est les trois en même temps. La jeune fille et la mort, pièce présentement à L’espace libre, est différente ; pas seulement par ses acteurs (ou non-acteurs), dont certains handicapés (choses que l’ont voit rarement malheureusement sur les planches), mais aussi par sa forme, qui veut clairement éduquer le spectateur, et ce, sans le cacher dans une morale ou un récit.

On se retrouve donc dans une vieille salle de classe, jonchée de débris. On offre à tous un livret, un manuel, un moyen pour le spectateur de suivre le spectacle. Certains moments de la représentation seront d’ailleurs tenus en silence, pendant que tous lisent des passages avant de reprendre la représentation sur scène. Le tout, qui est parfois cohérent, mais souvent mélangeant, se veut un éloge, une interprétation, une vision du collectif de Tiqqun : Premier matériaux pour une théorie de la Jeune-Fille.

Entendons-nous, ceci n’est pas une pièce pour tout public ; certaines personnes pourraient n’aimer que les deux musiciens sur scène – qui d’ailleurs, jouent des airs superbes – et ne pas se laisser emporter par cette performance décousue qui semblent parfois aller de tout bord, tout côté. Cependant, ceux qui s’y attarderont trouveront des images subtiles, parfois marquantes, remplies de poésie. 

La jeune fille et la mort, jusqu’au 20 octobre à l’Espace libre