Éclaté est le premier mot qui vient après les écoutes répétées du premier EP de Klô Pelgag. Éclaté dans le fond comme dans la forme, ses compositions nous amènent dans des paysages débordant de poésie tantôt ludique, tantôt lucide, mais le plus souvent lyrique. Des paroles magnifiques, qui forment un tout avec la musique : « Je veux que la musique et les mots se confondent. Que l’un n’existe pas sans l’autre. » peut-on lire sur le très original site officiel de l’artiste originaire du Bas du Fleuve. La fusion entre les deux est une indéniable réussite.

D’entrée de jeu, l’univers musical de Klô Pelgag rappelle celui de Regina Spektor avec des relents fanfares, moins les cuivres, des défunts Polemil Bazar. Pelgag est accompagnée du Câline de Bine band (Mathieu Pelgag, Daniel Gélinas, Mélanie Venditti, Fany Fresard, Elyzabeth Burrowes, Romain Pollet et Maude Desrosiers) et nous offre des arrangements pianos, cordes et bois, percussions et harmonies vocales évoquant ceux d’un Sufjan Stevens sans bidouillages électroniques, créant un effet « musique de chambre de chalet » (Ce n’est aucunement péjoratif: au contraire, c’est profondément original). S’ajoute à cela une prose hallucinée d’une efficace musicalité, qui nous offre sans cesse de petites perles comme celle-ci : « J’ai croqué ta pomme/ta pomme d’Adam/et depuis je n’ai jamais eu faim de corridor/autre que ton corps/ton corps est ceint de fleurons glorieux. »

Forte d’une multitude de prix, dont cinq au Festival international de la chanson de Granby et le Prix Richard Desjardins au concours Ma première Place des Arts en 2010, Klô Pelgag puise ses inspirations un peu partout : arts visuels, littérature et théâtre, cinéma, musique et Fleuve Saint-Laurent, et nous offre un mini-album dont le seul défaut, et il est de taille, est d’être beaucoup trop court. Paraîtrait-il que c’est particulièrement efficace en spectacle, en espérant que des dates s’ajoutent cet été. À suivre.

– François-Charles Lévesque

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