Réalisateurs, comédiens, techniciens, artisans et autres adeptes du regroupement Kino s’étaient rassemblés à la Société des Arts Technologiques (SAT) samedi le 17 octobre pour la soirée Kino Kabaret 2015. On y a projeté quatre blocs composés de deux courts-métrages chacun. Le défi : réaliser un film de six minutes en soixante-douze heures sur le thème « nouveau cinéma ».

Se demander si les huit réalisateurs ont respecté la thématique de réaliser un film nouveau serait une excellente question. Pour la durée, il vaut mieux ne pas regarder sa montre. Peu importe, tout le monde était là pour visionner ce qu’ils ont réussi à produire dans le court délai de trois jours. « Habituellement, on divise le temps en trois : vingt-quatre heures pour la préproduction, vingt-quatre heures pour le tournage et vingt-quatre heures pour le montage », m’a expliqué le directeur artistique David Émond-Ferrat lors d’un entretien téléphonique.

Le rôle des directeurs artistiques de Kino est de coordonner l’événement en chapeautant les réalisateurs et en faisant le lien avec leurs partenaires qui prêtent aux équipes l’équipement dont elles ont besoin. Chaque réalisateur a son propre vidéo de présentation. Le premier réalisateur à être présenté sur scène était complètement crevé. L’animateur de la soirée leur pose quelques questions sur leur tournage, puis on projette leur film.

On a ouvert la soirée avec deux courts-métrages d’horreur. Le premier film racontait l’histoire d’un personnage qui s’obstine avec son alter ego avant de l’enterrer dans un ciné-parc abandonné, tandis que le second racontait l’histoire d’un trou dans une cave avalant les vivants.

Les équipes avaient surtout tourné des comédies. On a eu droit à un genre d’« infopub » pour un nouveau type d’agence de rencontres : Puppy Love. On a assisté au défilement de commentaires de clients de l’agence ayant aussi accès au service de location d’un chien pour rencontrer l’âme sœur. C’était assez impressionnant de voir le nombre de chiens et de comédiens que le réalisateur a réussi à rassembler pour le tournage, et la multitude de répliques loufoques autour d’un service assez simple.

« J’espère que ça va marcher ma chorégraphie. Je suis assez tannée de travailler au Café Dépôt. Si je sers encore un latté à un hipster, je me mets en feu », affirme le personnage d’un autre court-métrage. C’est avec cette réplique que commence un drame classique en noir et blanc racontant l’histoire de deux amies colocataires. Le film cumule les situations tragiques dont une rupture amoureuse, la mort d’une mère raton-laveur et l’écrasement de son petit pour terminer avec un « happy end ».

À la fin des quatre blocs : un bonus. Toujours dans le registre de la comédie, ce court-métrage racontait l’histoire d’une jeune famille qui accueille un couple de réfugiés syriens. On finit par se rendre compte que se sont des imposteurs sans le sou.

Bref, on peut comparer Kino à des matchs d’improvisation. À la place de jouer, on tourne des films. Kino est ouvert à tous; il faut débourser soixante dollars pour devenir membre.

René-Maxime Parent

Le Gala Kino aura lieu le 11 novembre au Théâtre Rialto.