En première partie, Le progrès : un texte de la prolifique auteur Sarah Berthiaume, qui nous avait offert un peu plus tôt cette année l’excellent Yukonstyle à la grande salle du Théâtre d’Aujourd’hui. Berthiaume, qui revêt aussi le rôle de comédienne pour l’occasion, est accompagnée par Adrien Bletton, qui agrémente la lecture d’ambiance sonore, pendant que des images déferlent sur l’écran géant. On y parle de Félix Baumgartner, cet homme a franchi le mur du son en octobre passé, de ce qu’il pouvait, ce qu’il pourrait avoir pensé, tout ce que cet accomplissement implique pour un homme, pour un monde. Le texte est bien construit et superbe, quoique parfois se voulant mordant de façon quasi-forcée, et on y reconnait sans nul doute le style de l’auteure.

En deuxième partie, Ne meurs pas tout de suite, on nous regarde est quand a lui un show de danse, ou, je dirais même, d’expression corporelle. Chorégraphié par Manuel Roque (qui y joue aussi, avec Lucie Vigneault), le spectacle nous présente d’emblée des danseurs d’expérience et de talent ; aucun mouvement ne semble être aléatoire, et ce, dans les moindres détails. On les retrouve donc sur scène, silencieusement en train de gonfler des ballons. Ils sont seuls, à la limite entre l’humain, l’animal et l’enfant. Pièce en grande partie muette, si ce n’est de la riche trame sonore, plusieurs onomatopées et une longue conversation téléphonique (dont, je dois avouer, je n’ai pas compris l’utilité dans la pièce), le tout dégage un certain regard existentialiste sur l’être humain. Cependant, comme il est régulièrement le cas dans ce genre d’œuvre, le résultat est accessible et plaisant que pour une mince portion de gens selon moi, étant trop littéraire pour plusieurs amateurs de danse et trop conceptuelle pour beaucoup de passionnés de théâtres.

– Marie-Paul Ayotte

Le Progrès + Ne meurs pas tout de suite, on nous regarde ont été présentés dans le cadre du OFFTA.