Lenny Bruce, alias Leonard Alfred Schneider, était toujours en mode combat. C’était une machine de guerre qui carburait à la controverse, aux scandales. Né en en 1925, il commence sa carrière de stand-up , d’abord timidement, puis devient rapidement le comique le plus en vue et le plus critiqué des années 1960. La maison d’édition Tristram nous livre Irrécupérable, une autobiographie fort intéressante publiée à l’origine en 1965 sous le titre How to Talk Dirty and Influence People.

Ce bouquin parsemé d’une myriade d’anecdotes en tout genre dresse le portrait d’un homme sans peur qui souhaitait bousculer l’ordre établi. En effet, l’auteur de How To Talk Dirty And Influence People a été plusieurs fois arrêté pour obscénité, pour propos vulgaires et séditieux. Il a même été suivi de près par le FBI. Au cœur des années 1960, il incarne, en compagnie de Bob Dylan, tout le mouvement de la contre-culture au sein d’une Amérique puritaine, remplie d’interdits.

Avec son franc-parler, son discours contestataire parsemé de jurons et de « mots interdits » pour l’époque, il fracasse les conventions sociales, fait fi de la bonne morale, des bonnes mœurs. Il attaque chaque soir son public comme s’il avait été armé d’un bâton de baseball et d’un poing américain, frappant dur, chaque coup atteignant sa cible.

La comédie est un métier sans forme, au sens où il n’y a pas d’université et pas de recette miracle. Il n’existe pas de manuel de comédie qui puisse former un comédien en herbe à revendiquer un salaire de 2 000 000 dollars par an, mais c’est un métier, et il peut s’apprendre. » – Lenny Bruce 

Dans ce livre passionnant, on découvre à quel point l’influence et l’héritage de Lenny Bruce sont remarquables. De Dylan en passant par R.E.M., sans omettre Don De Lillo, Nico, Genesis, The Beatles, Emily Haines, John Mayall, Steve Earle : tous ont été marqué par ce drôle de type hors du commun. Il est à ce jour toujours considéré par plusieurs comme l’un des humoristes et des critiques social les plus influents de tous les temps, en compagnie de Richard Pryor et de George Carlin.

Obscénités en tout genre, propos osés et insultes colorées sont au rendez-vous alors qu’il s’en prend à l’establishment, à la religion, au racisme, au classisme.

Il meurt d’une surdose en 1966, à peine âgé de plus de 40 ans.

Charles Quimper

Irrécupérable, Lenny Bruce, 362 pages, Tristram, 2018.

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