Crédit photo: Paul Wright

Après un premier album folk éponyme sensible, très bien accueilli en 2012, Mo Kenney nous revient avec son deuxième opus, In My Dreams. Aaah, le fameux deuxième album… Cette étape « ça passe ou ça casse » qui a vu des tonnes d’artistes y laisser leur potentiel. Comment l’artiste canadienne s’en sort-elle?

Mo Kenney le dit elle-même: In My Dreams se veut un album de l’affirmation, de la maturation. « Sur le plan musical, cet album est sans l’ombre d’un doute plus abouti que le premier. » Qu’en est-il vraiment? Tout dépend de ce qu’on entend par « abouti ». Oui, Kenney explore davantage. Oui, elle passe du folk simple et charmant qui était devenu sa signature à un style plus éclaté. Entre pop, rock, folk et quelques divagations sympathiques, mais sans plus, on retrouve une Mo Kenney léchée, enrobée, qui se veut visiblement « améliorée ».

Pourtant. Certaines pièces donnent la drôle d’impression d’être le croquis d’elles-mêmes (Take Me Outside, Pretty Things). Comme si l’ébauche, qu’on devine brillante, n’a malheureusement pas été honorée au moment de l’enregistrement et des arrangements. Comme si la formule de base, à force d’y ajouter des idées nouvelles, des tournures un brin plus funky – des épices, bref – a perdu sa saveur initiale, qui marchait pourtant très bien.

Heureusement, on retrouve l’essence même de l’artiste des débuts avec I Faked ItMountains To The Mess, dans l’excellente Field Song ou la chanson titre In My Dreams. Pièces plus habitées, plus Mo Kenney, qui rappelent le pourquoi du charme de l’artiste-compositrice-interprète. Une écoute qui risque de frôler la nostalgie. Parce que malgré la qualité des chansons d’In My Dreams, on risque de passer les 45 minutes de l’album à s’ennuyer du premier effort de Kenney: mais où est passé ce son si efficace?

Alors, ça passe ou ça casse? Ça passe. Mais on ose (oui oui) espérer que Mo Kenney revienne à ses premières amours : du bon vieux folk charmant, simple, qu’elle savait si bien rendre unique.

– Mélissa Pelletier