À voir absolument! Whore’s Glory de Michael Glawogger

Un documentaire poignant, sensible, rempli d’authenticité, qui nous transporte dans trois pays différents : en Thaïlande, au Bengladesh et puis au Mexique. Trois univers distincts, sans fla-fla, ni dramatisation inutile, c’est un regard personnel que nous offre Michael Glawogger dans le dernier volet de sa trilogie sur l’univers du travail. Le réalisateur signe ces trois documentaires : Megacities (1998), Workingman’s Death (2005) et finalement Whore’s Glory sorti en 2011.

« I have always felt that prostitution isn‘t only about paying somebody for sex. That would be too simple, because when negotiations are over and the deal is done, it would only be about two naked people doing the most intimate of acts. I wanted to try and explore more: what does it do to the hearts, minds and souls on both sides? »

Ces mots résument bien la volonté du réalisateur de sonder le réel, d’aller chercher des réponses, parfois amusantes, d’autres fois lourdes de vérité provenant d’une recherche et d’un désir de connaître les conséquences de ces relations intimes entre client et prostituée.

La production du documentaire dura quatre ans, tant d’années pour apprendre à connaître ces travailleuses, à créer un lien de confiance et à tenter de rester authentique, même si les choses se compliquent souvent lorsque la caméra entre dans ces endroits secrets, comme dit le réalisateur. Toutefois le résultat en est hallucinant ! Plutôt construit comme un journal intime, recueillant des bribes du quotidien de l’audacieuse City of Joy en Thaïlande, de l’inquiétante Faridpur au Bengladesh, et la sombre Zona au Mexique, l’œuvre devient beaucoup plus qu’un simple commentaire ethnographique.

 Côté cinématographie, les textures, les couleurs de chaque endroit sont visuellement excitantes ! La proximité avec les gens reste si naturelle qu’on oublie la présence de la caméra, celle de notre propre voyeurisme. Ces visages qu’on nous offre à voir sont imprégnés d’histoire, celle de femmes et d’hommes qui travaillent à nourrir ces désirs qui nous habitent. Et que dire de la musique de Cocorosie, dont l’atmosphérique chanson Miracle (Be my boy forever/ And I’ll be your girl/ I’ll be your boy) accompagne si bien les images. La voix déchirante de PJ Harvey s’ajoute également à la bande sonore. Oui, peut-être est-ce un peu différent de leur musique à eux, dit Glowogger, mais j’ai voulu mêler la musique que j’écoute à la leur.

 Whore’s Glory est plus qu’un documentaire, c’est un traité sur l’état des relations hommes-femmes, c’est un film qui vous entraînera dans un voyage des sens et c’est ce qui rend l’expérience aussi marquante. Michael Glawogger vous offre une chance de pénétrer dans cet univers effervescent, déchirant et cru, prenez-la !

-Noémie Boisclair

Quelques images du film:

http://www.whoresglory.com/