À la fin des années 1960, un bombardier américain s’étale de tout son long dans un Arctique sauvage, peu fréquenté par l’homme. Transportant une bombe H, une coulée produits radioactifs transpercent la membrane de neige, souillant la banquise, sa neige d’un blancheur virginale. La bombe sombre au fond de l’eau et n’a jamais été recouvrée, apprend-on en épilogue. Bienvenue dans Iceberg de Michel Hellman, réédition de son premier livre paru en 2010.

Livre situé à mi-chemin en roman graphique et récit muet d’un catastrophe en apparence lourde de conséquences, Iceberg nous conduit en contrée éloigné, en plein cœur de la terre du froid. Les dessins qui illustrent le récit sont justes, délicats. Le ton nous fait penser à un secret qu’on nous confie, tracé sur le ton de la confidence, du simple murmure déposé dans le pavillon de notre oreille.

Iceberg est de la pure poésie par l’image et par ce que ces dernières arrivent à faire poindre en nous.

Aucune narration, aucun vers, aucune prose n’aurait pu convoyer cette courte histoire de façon plus efficace encore. Dans cet ouvrage, Hellman se change en homme de peu de mots, en prestidigitateur qui fabrique des émotions à partir de papier découpé formant des images percutantes, déclinées en noir sur blanc ou blanc sur noir, c’est selon.

Objet superbe au demeurant, Iceberg surfe avec brio en territoire propice à plusieurs style, empruntant le meilleur de chacun, le rendant unique en son genre. Au final, c’est un charmant petit livre, une histoire courte mais percutante.

Charles Quimper

Iceberg, Michel Hellman, Oie de Cravan, réédition, 40 pages, 2018.

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