Créateur de plusieurs grands spectacles comme CORTEO, LUZIA ou encore AVUDO, Daniele Finzi Pasca a fait son retour à Montréal hier soir, au théâtre Saint-Denis pour présenter son solo ICARO, qui connait des heures de succès à l’échelle mondiale. Joué dans plus de 130 villes à travers le monde, et ce, depuis 1991 (!), ICARO évoque une bien belle rencontre qui se colore de beaucoup de rires, de subtiles notes de musiques et de quelques larmes. Retour sur une soirée touchante.

Attendrissante folie

Écrit lors d’un séjour en prison, Icaro se veut une pièce pour un seul et unique spectateur. Après un prologue léger où le comédien casse le 4e mur, il nous fait comprendre qu’il va choisir quelqu’un dans le public pour pouvoir jouer sa pièce …

Après quelques blagues, c’est une jeune femme, choisie au hasard, qui monte sur scène avec lui et qui va être présente pendant l’heure et demie de spectacle. Nous, les autres spectateurs, devrons alors nous immiscer et observer la scène, tels des voyeurs…

Sur un décor simple, mais très changeant et plein de cachettes, les deux protagonistes apparaissent après diffusion d’une belle musique enfantine, toute douce. Nous voilà plongés dans une chambre avec deux lits et des baldaquins tout déchirés et très collants! Maladroit, Icaro nous fait rire par ses bourdes et ses attitudes clownesques.

Il raconte ce qu’il s’est passé et comment il s’est retrouvé ici. De fil en aiguille, il livre son univers imaginaire fait de rhinocéros blanc qui court dans la chambre, d’un lit … presque musical, de peintures ensoleillées et de fleurs en plastique bien plus sympathiques que les fleurs naturelles!

On plonge cœur et âme dans son histoire, on s’attache peu à peu à chacune de ses paroles et on veut connaître la suite…

Entrer dans un monde … et y laisser un bout de cœur

Daniel Finzi Pasca explique « Je fais du théâtre pour faire pleuvoir dans les yeux des autres; une sorte de massage humide pour l’âme. […] J’espère réussir à faire pleuvoir dans vos yeux ». Et ça fonctionne. Attachant et humain, le comédien incarne Icaro avec une authenticité saisissante. On écoute ses histoires et on s’impressionne de sa capacité d’adaptation au vu du spectateur sur scène, différent à chaque soir.

En toute subtilité et dans un rythme parfait, Icaro raconte aussi des épisodes plus sombres de sa présence dans ce lieu « sans fenêtres ni portes », dans ce lieu dont il voudrait s’envoler, dans ce lieu où il a perdu son seul ami, sans geste ni préoccupation de personne…

Son imagination débordante lui fait oublier la noirceur du quotidien et amène toute l’audience à rêver avec lui à ce qu’il s’échappe de ce qui semble être, pourtant, sa dernière demeure…

Au fur et à mesure de la pièce, le personnage nous touche et nous conte une réalité bien triste qui pousse à la réflexion du public qui versera, peut-être … une petite larme finale.

– Léa Villalba

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