Un vent chaud soufflait du côté du Théâtre Fairmount (le revampé Cabaret du Mile-End) jeudi soir dernier. C’est que les jumelles Naomi et Lisa-Kande Diaz étaient de passage à Montréal dans le cadre de Jazz à l’année, et vraiment, le mot s’est passé.

Dans une salle remplie à craquer de fans conquis – qui n’ont pas hésité à ponctuer la soirée de cris tribals intensément enthousiastes – le duo franco-cubain, qui donne dans l’électro pop aux accents hip-hop – a lancé avec panache les pièces de son EP Oya (2014) et de son premier album homonyme (2015). Un vrai charme.

À travers les Eleguga, Mama Says, Oya, Yanira, l’excellente reprise de Jay Electronica Better in Tune With The Infinite, I’m On My Way, River – jouée deux fois – au grand bonheur du public qui a redoublé d’ardeur côté dandinement – et autres, les filles n’ont pas manqué une note. Naomi aux percussions, Lisa-Kainde au piano (et aux pas de danse enjoués) : communion parfaite, tant sur le plan vocal qu’instrumental.

Les musiciennes, en perpétuel mouvement, ont eu le don d’entraîner la foule – d’ailleurs étonnamment hétéroclite, où se côtoyaient têtes blanches et jeunesse en feu – dans leur univers très vivant. Un monde riche, nuancé, pour des artistes qui n’ont qu’une vingtaine d’années derrière la cravate. Gros lot génétique? On pourrait être tenté de le croire, en sachant que leur père, feu percussionniste de Buena Vista Social Club, a consacré sa vie à la musique. Saura-t-on jamais. On ne peut alors que saluer le talent et avoir (très) hâte de revoir passer le duo à Montréal.

Mélissa Pelletier