Crédit photo: Marie-Andrée Lemire

Je ne sais pas si c’est moi, mais il me semble que l’hypnose n’est pas un sujet que l’on voit aborder régulièrement au théâtre. À vrai dire, il est rare d’entendre parler d’hypnose par rapport à l’inspiration d’une œuvre artistique, me semble-t-il. Pourtant, les ramifications et le questionnement qu’apporte un tel sujet sont larges et riches; l’inconscient, la manipulation volontaire, les conséquences en dominos de certains événements, le cause à effet, l’éthique impliquée, le réalité, l’illusion, etc. Voilà d’ailleurs autant d’allées qu’Hypno, présentement à la petite salle du Prospero, empruntent.

Il est dur de décrire la pièce sans en gâcher les surprises pour les futurs spectateurs, mais il est ici question d’un hypnotiseur reconnu qui, dans une série d’événements chassés-croisés avec sa femme et un couple d’ami, nous démontre qu’il n’a peut-être pas utilisé son talent que sur scène. Le texte, rappelant un vaudeville efficace, est présenté ici avec une narrativité décousue, nous laissant reconstruire l’histoire à bout de petits segments entre deux noirs. Ceci ne donne pas un mauvais résultat, mais il aurait probablement été bénéfique à la pièce d’être montée d’une façon un peu moins conventionnelle, par exemple en omettant les lourds fade to black.

Le jeu de Martin Tremblay est de loin la partie forte de cette pièce: son assurance et sa prestance sur scène apportant une vraisemblance qui aurait pu être difficile à atteindre autrement. Cependant, cela ajoute aussi à la perception notoire de l’inégalité du jeu de certains des autres comédiens. La scénographie est quand à elle, simple, mais fonctionnelle.

Hypno ne passera pas dans les annales comme le show de la saison, mais il est cependant un divertissement fort respectable.

– Marie-Paul Ayotte

Hypno, à la petite salle du Prospero jusqu’au 6 avril.