J’ai encore lu en premier le tome 2 d’une série, ça devient une manie. J’ai lu le livre Hare Rama, suite de Hare Krishna, de François Gilbert, sorti en septembre aux Éditions Leméac – Jeunesse. Un troisième tome est d’ailleurs à paraître.

Tout commence lorsque Mikael est au sommet de la chaîne alimentaire qu’est l’école secondaire : c’est un bum aux bons résultats, un sportif de compétition et un discriminateur en règle… Mais un drame familial le pousse soudainement à fuir son village. Au bord du gouffre, en pleine ville, il entre finalement dans un temple Krishna. Le second tome, quant à lui, débute lorsqu’il en ressort et qu’il retourne dans son petit village. Mikael est complètement changé, végétarien, pacifiste et humble, mais ce qui l’entoure est resté exactement comme avant. C’est donc une histoire de méditation, de voyage et de bouse de vache qui vous attend.

Comment peut-on discuter et partager nos croyances sans être considéré comme endoctriné? Comment peut-on valoriser la paix, l’acceptation, le détachement dans un monde qui prend souvent le raccourci de la peur de l’autre et de l’ignorance? Comment peut-on rendre les institutions plus ouvertes et accessibles? Et surtout, comment résister à ce petit démon de négativité qui nous habite? Ce sont de grands questionnements que l’auteur nous offre sur un plateau d’argent.

J’ai cependant l’impression que l’écriture est un peu inégale, et même qu’elle manque légèrement de fluidité, mais le sujet reste – ô combien – intéressant. Hare Rama (ou quand les parents ne sont pas du tout un exemple à suivre) confronte le lecteur, lui fait découvrir les joies de la médiation et les difficultés que rencontre celui qui a la foi et qui a une grande prise de conscience.

D’ailleurs, saviez-vous que les mots Hare Rama signifient le plaisir qu’on retire de la vie spirituelle? Et qu’on les utilisait sous forme de mantra (sorte de prière chantée, pour les non-initiés)?

Dans ce livre, les adolescents et les adultes y trouveront leur compte en termes de réflexions, de personnages incompris ou inflexibles et de chasse aux sorcières. Espérons que vous en ressortirez grandi. Finalement, vous pourrez sans hésiter me demander si je vais lire le premier tome et je ne pourrai que répondre : « Certainement, c’est un peu trop intriguant. »

L’auteur

François Gilbert a publié Coma, récompensé par le prix littéraire Canada-Japon, et La Maison d’une autre. Son roman Hare Krishna lui a d’ailleurs valu en 2016 le Prix littéraire du Gouverneur général et d’être finaliste du Prix jeunesse des libraires du Québec et du Prix Espiègle.

– Camille Deslauriers Ménard

Hare Rama, François Gilbert, Leméac, 2018.

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